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vendredi 17 décembre 2021

RHAPSODY OF FIRE - GLORY FOR SALVATION


Deux ans après "The Eight Mountain", les combo rital revient déjà avec un nouvel opus, second chapitre du nouveau cycle des Nephilims, abordés sur le disque précédent. On passera sur le très anecdotique E.P. "I'll Be Your Hero" sorti en juin dernier. Je ne reviendrai pas sur les différents line ups parallèles qui existent, si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à lire ma chronique du dernier opus, néanmoins il est bon de préciser que contrairement à la mouture orchestrée par Luca Turilli, ce Rhapsody version Alex Strapoli ne cherche pas l'originalité. 

Power symphonique ultra pompeux, frôlant régulièrement avec le kitsch, ambiance fantastique, mélodies épiques... Bref, l'auditeur n'est pas trop dépaysé. On notera néanmoins une atmosphère plus grave qu'à l'accoutumée dans les morceaux "Son of Vengeance" ou "Abyss of Pain II", comme pour coller à la thématique plus sombre du cycle. Giacomo n'hésitant pas d'ailleurs à chanter de manière plus rugueuse, plus virile que Fabio.

Les compos alternent entre morceaux de Rhapsody classiques comme "Glory for Salvation" ou "The Kingdom of Ice", qui n'auraient pas dépareillés lors de l'ancienne période du groupe; morceaux plus alambiqués, particulièrement la pièce maîtresse déjà sus mentionnée "Abyss of Pain II" et quelques morceaux plus calmes. La ballade sirupeuse "Magic Signs", le sympathique mid-tempo "Chains of Destiny" et l'hymne folk "Terial The Hawk". 

Globalement, l'album est donc très correct, par moment même excellent... Mais c'est toujours la même chose. Changer le thème lyrical et noircir légèrement l'ensemble ne suffit plus au bout d'une dizaine d'albums. Les morceaux ressemblent presque tous à d'anciens morceaux, et ce malgré le gros changement de line up. Certains adhèreront, d'autres vont finir par se lasser et aller écouter d'autres groupes. 

3/5

mardi 30 novembre 2021

WITHIN TEMPTATION - THE AFTERMATH


Alors que le concert, initialement diffusé en Juillet dernier ressort pour le Black Friday, il me semblait pertinent de revenir dessus. Parmi les nombreux concerts Covid Friendly diffusés en streaming en 2021, celui de Within Temptation sortait du lot. Ses 2 compères de Nightwish et Epica ayant également sorti le leur, la comparaison est donc inévitable.


La tournée de l'album Resist, dernier en date, ne cessant d'être repoussé depuis bientôt 2 ans, ce petit amuse gueule bien trop court fait du bien aux fans. La setlist ignore à mon grand désarroi les 2 premiers albums, mais il fallait faire des choix. Sans doute par contrainte budgétaire, on n'a droit qu'à 1 heure de show. En général, les leurs durent le double. L'accent est donc mis essentiellement sur le dernier album et les singles bonus qui ont suivi.


L'accent est donc particulièrement mis sur les effets spéciaux. Il ne s'agit pas ici d'un simple arrière plan en CGI, mais d'un véritable décor en 3D, les musiciens semblent faire parti d'un ensemble. Cet environnement virtuel correspond à l'imagerie véhiculée par Resist, le show sera donc cohérent de ce point de vue là. On aura également droit à plusieurs guests comme Tarja pour le mythique duo Paradise, ou encore le groupe Annisokay. D'autres duos doivent hélas se contenter d'apparitions sur écran, comme Xzibit ou Anders Friden d'In Flames. 

Mine de rien, et si le show m'avait déçu par sa brièveté, en seulement 1h, ils casent quand même pas mal de chansons. L'absence de public est largement compensé par l'aspect cinématographique et les mouvements de caméras improbables combinant prises de vues réelles et CGI. On a d'avantage l'impression d'assister à un film musical qu'à un concert. Cet état ne fait ne plaira certes pas à tout le monde, mais fonctionne parfaitement pour peu qu'on l'accepte. La voix de Sharon est particulièrement juste et ne semble jamais fatiguée comme lors de certaines dates, et si l'on peut même douter de l'authenticité des prises de son (rien de plus facile que de faire un playback sur un show à distance, comment même savoir si c'était réellement en direct ?), le résultat est là ! Quand on écoute un CD, le son peut être autant retouché que nécessaire avec autant de prises qu'on veut. A partir du moment où l'on accepte qu'il ne s'agit pas d'un réel concert, mais bien d'un spectacle musical quasi cinématographique, les artifices ne sont guères gênants. Le mixage semble vraiment trop propre pour être naturel. Même sur les blu ray live où le son est retravaillé en post prod, on n'a pas une telle qualité sonore.


De tous les concerts virtuels diffusés cette année, The Aftermath est parmi ceux que j'ai vu, celui qui exploite le mieux les capacités offertes par le concept. Le concert est beau, la musique est parfaite. Jamais on n'aurait un tel rendu sur une vraie scène ! Mais ce n'est pas mieux pour autant, il n'y a pas l'ambiance magique, qui même lors d'une captation vidéo nous fait frissonner. Le son trop parfait peut parfois casser la notion même de concert, pour plutôt nous emmener dans les contrées du show musical. Libre à chacun d'adhérer ou non selon son ressenti, personnellement j'adhère, mais considère ça comme une expérience différente d'un concert. Tout comme un CD studio est différent d'un CD live, j'appellerais donc cela un concert studio ! J'aurais également préféré plus d'anciens titres, mais il faut bien vendre Resist, et surtout, j'aurais voulu un concert 2 fois plus long... A moins qu'ils nous fassent un The Aftermath part 2, je reste sur ma faim, comme si on me coupait en plein élan. C'est magnifique, mais trop court.

Setlist : 

1 - Forsaken 

2 - Our Solemn Hour

3 - Paradise (What About Us?)

4 - The Purge

5 - Entertain You

6 - Raise Your Banners

7 - And We Run

8 - Shed My Skin

9 - Firelight

10 - The Reckoning

11 - Supernova

12 - Stairway To The Skies


4/5


vendredi 26 novembre 2021

SEPULTURA - SEPULQUARTA


En Février 2020, Sepultura sortait son dernier album "Quadra". Sauf que, pas de bol, le Covid est passé par là. Donc pas de concert pour promouvoir leur dernier opus. Mais comme plein de groupes, ils ont trouvé de quoi s'occuper durant la pandémie. On peut même dire qu'ils ont été mis en télétravail !


Durant plusieurs mois, ils ont ainsi revisités 28 titres de leur discographie, jouant chacun de leur instrument chez eux, et ont invité à les rejoindre pas moins de 57 musiciens issus d'autres groupes. Ni véritablement un best of, ni tout à fait un album de remix, pas exactement un live non plus, Sepulquarta est un peu tout cela à la fois, rejoignant également la mouvance actuelle de ces petits artistes émergeants qui se créent des chaînes de covers metal. 


Seuls 15 titres sur les 28 ont été édités sur ce CD, on peut donc espérer un Sepulquarta 2, si ce n'est le cas, les morceaux restent de toute façon visibles sur YouTube. Le fait d'avoir enregistré chacun de son côté donne donc nécessairement un côté un peu fouillis à l'ensemble. Le mixage est loin d'être parfait, d'où le rendu un peu live. La voix de Derrick (non pas l'Inspecteur) est souvent un peu trop en retrait. Mais on n'attend évidemment pas la même qualité de rendu d'un tel projet que d'un véritable album enregistré en studio.


La sélection de 15 titres est assez équilibrée entre les 2 périodes majeures de Sepultura, avec 7 reprises de l'époque Cavalera et 8 de celle de Green. On notera quelques prises de risques bienvenues, avec l'exclusion des sur-entendus "Roots Bloody Roots" et "Refuse/Resist", mais la présence de titres plus rares comme "Hatred Aside", avec 2 vocalistes féminines. "Sepulnation" avec Danko Jones fonctionne aussi plutôt bien et se place comme un des meilleurs titres de l'album, tout comme "Mask" avec Devin Townsend.


Au delà de son aspect anecdotique, Sepulquarta est une alternative sympathique aux tributes albums habituels, une petite récréation entre zikos au chomage technique et restera comme une de ces curiosités de l'ère Covid. A réserver d'avantage aux fans du groupe qu'à un novice pour découvrir le combo Brésilien, il ne marquera clairement pas l'histoire mais reste fun et tout à fait honorable. Oui, ce petit délire YouTube méritait de sortir sur CD !


3,5/5

lundi 22 novembre 2021

S.O.S. FANTÔMES - L'HERITAGE (GHOSTBUSTERS - AFTERLIFE) - Jason Reitman

TRENTE DEUX ans qu'on l'attend !! Non mais sérieux ?? Y'a pas idée de nous faire attendre autant. Rendez vous compte, quand le 2 est sorti, j'étais en maternelle ! Et là j'approche de la quarantaine. C'est honteux... Merci Bill Murray... Sans cesse annoncé durant les 3 dernières décennies, Ghostbusters 3 est devenu l'arlésienne du cinéma fantastique avec Gremlins 3 et Beetlejuice 2, maintes et maintes fois annulé, puis re-annoncé, au point qu'on n'y croyait plus. Avec le décès d'Harold Ramis, plus tellement d'espoir. Puis quand le reboot féminin est sorti, c'était sûr. La franchise était morte.

Sauf qu'on vit à une époque où les suites très tardives sont monnaie courante. Bon après, soyons clair, bien que ce film, contrairement à l'opus 2016, respecte la continuité des 2 classiques des années 80, il s'agit également d'un reboot. Pas au sens strict donc, c'est bien une suite, mais au sens commercial du terme : nouveau casting, scénario accessible aux nouveaux venus, quasi remake du film original... Clairement, ils nous ont fait un Star Wars 7 !! Un remake déguisé en suite. Après le reboot féminin, voici donc le reboot enfant. 


Donc forcément pour faire un film hommage aux années 80, il faut Finn Wolfhard, l'acteur de Stranger Things qu'on voit partout ("ça" notamment), série dans laquelle il revêtait déjà le costume des Ghostbusters (sérieux pourquoi on a traduit ça en S.O.S. Fantômes ? Alors que la chanson ultra culte de Ray Parker Jr répète "Ghostbusters" 3000 fois ??). McKenna Grace (Annabelle 3, Malignant, Haunting of Hill House) qui joue sa sœur, est parfaitement assortie et ressemblante, on croit à leur parenté. Les gosses jouent relativement bien, mais leur écriture est assez caricaturale, typique d'un film d'aventures pour enfants, avec les enfants plus intelligents que les parents. Cela ne m'aurait pas déplu dans une oeuvre autonome, mais j'ai du mal à considérer ça comme une suite légitime aux 2 classiques de mon enfance.


Le ton du film n'est franchement pas le même. Alors oui, on est en 2021 et plus en 1984. De plus le film se passe à la campagne et c'est centré sur des gosses. Mais quand la promo passe toute l'année à nous affirmer que c'est "la suite qu'on attendait"... Alors je sais pas vous, mais moi la suite que j'attendais c'était avec les Ghostbusters originaux, vieux contre un nouveau méchant. Le film a fait l'inverse de ce que je voulais en gardant une histoire quasi identique au 1, mais en changeant le contexte et les personnages. Le film a pris littéralement zéro prise de risque concernant les fantômes, qui d'ailleurs apparaissent assez peu, et le méchant final. Très décevant de ce point de vue là. Rien que pour ça, ce 3ème opus (je ne compte pas le remake girl power) est le plus faible. Et l'humour non plus n'est clairement pas à la hauteur, même s'il y a quelques vannes bien drôles. Gros oubli également, les montages en chanson. Monumentale erreur ! Pas non plus de scène totalement over the top comme le Bibendum Chamallow du 1, où la statue de la liberté du 2. En revanche, des références au film rival au box office en 84 : Gremlins.


Néanmoins il y a quand même du bon. La réalisation de Jason Reitman, le fils d'Yvan, réalisateur des 2 premiers films est tout à fait correcte. Sans fulgurance, mais ne jurant pas trop avec ces prédécesseurs.  Le film a la bonne idée de reprendre les musiques du 1, par moment ça fonctionne très bien. A d'autres moments elles sont placées là juste pour le fan service. Ensuite, le casting des adultes, Paul Rudd notamment, est plutôt sympa, la maman, qui a un rôle semblable à Sigourney Weaver est attachante. Mais c'est à peu près tout, les autres font de la figuration. Les 2 autres gosses sont sympas aussi, la petite bande rappelle des classiques du genre Stand By Me, ou justement Ca. Ca semble un peu hors sujet dans un Ghostbusters, mais la fin rattrape le tout. A elle seule, la fin vaut le visionnage et fera verser une larmes aux nostalgiques. 

Si ce Ghostbusters 2021 n'est pas réellement la suite attendu depuis 32 ans qu'on nous a vendu, il rempli correctement son rôle de relancer la saga sur de nouvelles bases. L'hommage respectueux à ses aînés est bien trop prononcé, mais malgré tout touchant. Un manque d'humour à l'ancienne, pas mal de longueurs et surtout l'absence totale d'originalité laissent un goût un demi-teinte, mais la beauté de la scène finale le rend in fine indispensable. En espérant juste que pour le prochain film ils fassent l'effort de créer un nouveau bad guy, et ne nous ressuscitent pas Vigo des Carpathes ! Ah oui, et y'a 2 scènes post génériques ;)

3/5

OLYMPUS - GODS


A l'écoute de cet album, j'avoue ne m'attendre à rien de spécial. Pensez-donc, des Nantais qui causent mythologie grecque ? Et pourquoi pas des Brésiliens chantant le folklore Irlandais ? (Ah on me fait signe qu'en fait ça existe déjà...) Et pourtant, dès les premières secondes, le fait est là. Ca m'a mis une claque !


Loin d'être un simple ersatz d'Amon Amarth qui se serait contenté de changer de panthéon, Olympus, d'avantage proche d'un Septic Flesh un peu moins sympho possède sa propre identité. Si l'on a déjà entendu nombre de groupes parler d'Histoire Antique ou de mythologie, ça reste souvent un simple gimmick, pour qu'on se rappelle d'eux. Ils ne sont en réalité pas si nombreux les groupes à aborder ces sujets avec une réelle maîtrise. Bien plus sérieux qu'un Warkings (plus brutal aussi), le groupe Français impose une qualité de texte qui ne saura que ravir l'auditeur déjà conquis par la musique.


Ce premier album offre donc un metal extrême, quelque part entre le black et le death, avec des passages aériens, d'autres plus heavy, relativement bourrin par moment, symbolisant parfaitement le spectre des émotions qu'on attend d'un récit narrant les exploits de Zeus et ses potes. Et le tout sans jamais sonner prétentieux. Le simple auditeur qui veut headbanguer sur du gros son qui tâche y trouvera également son compte. Et c'est peut être également une des forces de "Gods". L'album peut s'apprécier à différents niveaux. Et le concept est particulièrement explicite, chaque titre ayant pour nom un des 12 Dieux principaux. 


Si vous avez aimé Saint Seiya dans votre enfance, que vous avez toujours rêvé de traverser le Styx, de vaincre le Minotaure et de vous taper Megara : Foncez ! Si vous vous foutez de tout ça, mais que vous aimez le metal extrême qui tabasse, mais avec finesse, foncez également. Olympus nous livre un premier opus de grande qualité qui peut parfaitement s'apprécier, indépendamment de son concept. LA découverte Française de 2021 !


4,5/5