Avec ce 3ème album, Beast In Black poursuit dans la droite lignée des 2 premiers opus, mais en ayant non seulement corrigé le tir sur ce qui n'allait pas, mais amélioré ce qui fonctionnait, pour offrir une pure tuerie ! On dit souvent que le 3ème album est celui de la maturité... Si la formule est trop souvent un simple slogan, ici ça se confirme. Encore que le mot "maturité" ne convienne pas réellement vu le style, Dark Connection sonnant au contraire comme une ode au fun et à l'univers geek !
Dès son premier titre introductif, intitulé "Blade Runner", comme le classique de Ridley Scott, on est dans le bain. Ce nouvel opus alterne entre titres hard rock classiques ("Highway to... Mars", on appréciera la référence à AC/DC) et power metal moderne ("Hardcore"), parfois même au sein du même titre ("Bella Donna"), mais saupoudré d'une très grosse touche d'electro, allant parfois même jusqu'à prendre le dessus sur le morceau, comme sur le génial "One Night in Tokyo". Au passage, sur ce dernier titre, Beast In Black réussit parfaitement à célébrer le Japon tout en utilisant une musique occidentale, sans user de tout le lexique otaku et d'instrus traditionnels, a contrario d'un Rise of The Northstar, qui ne sonne en rien Nippon.
L'album est donc un habile mix de sonorités retro synthwave 80's, de références à la Science Fiction, au cyberpunk, à la Japanimation et au Jeux Vidéo. Pour autant, il ne sonne pas vieillot et jouit d'une production moderne parfaite qui rend hommage à chaque piste sonore. Le chant éraillé a bien progressé depuis leurs débuts, on a moins ce chant de castra vraiment too much qui laissait croire à la présence d'une damoiselle au micro, les riffs sont super stylés et entêtants, les soli classes, mais sans jamais devenir chiants ou interminables à la Dragonforce, tout est calibré au millimètre !
Et pour conclure l'album, on a même le droit à une reprise du classique "They Don't Care About Us" de Michael Jackson. Et pour une fois, la reprise est franchement réussie, ce qui n'est pas chose aisée, d'autant qu'ils n'ont pas choisi le morceau le plus simple ! Si Yannis ne chante évidemment pas aussi parfaitement qu'MJ (en même temps, peu peuvent s'en targuer), il a su s'approprier le morceau à merveille et son chant colle parfaitement ! Le petit bonus inattendu qui fait plaisir pour la fin.
Après 2 opus forts sympathiques, mais cherchant encore trop son identité post séparation d'avec Battle Beast, ce troisième chapitre de la discographie de Beast In Black est l'album de la révélation, celui avec lequel il devient enfin un groupe avec lequel il faut compter. Je vais même blasphémer et avouer le préférer au Senjutsu d'Iron Maiden, qui lui aussi était un concept album influencé par le Japon, mais qui en dehors de sa pochette n'avait manifestement pas digéré toutes ses influences. Ah oui et gros big up au graphiste qui a fait la superbe pochette de Dark Connection avec sa superbe rousse cyberpunk !
Dix ans après Gold Cobra, le groupe "plaisir coupable" Limp Bizkit revient enfin avec un nouvel opus. Toujours aussi adepte de l'auto-dérision (peut être par conscience de leur propre talent limité), les gars optent pour un nouveau look très... Spécial ! Particulièrement Fred Durst, qu'il m'a fallu du temps pour reconnaître (voire la photo). Bref, l'album s'intitule Still Sucks (qu'on peut grosso mode traduire par "c'est toujours pourri") et c'est pas forcément complètement faux !
Gold Cobra, trop sérieux par rapport au niveau du groupe était assez décevant. Ce nouvel opus plus old school revient au style rap metal des débuts. Et tant mieux !! Les paroles d'une rare bêtise amuseront l'auditeur qui ne prend pas ça au sérieux, autant qu'elles consterneront les détracteurs. Les riffs efficaces de Wes Borland couplés au scratch de DJ Lethal et au rap de Fredo marchent toujours aussi bien, au point qu'on se demande pourquoi ils s'entêtent à vouloir tester autre chose... Ah oui, parce que leur reprise de "Behind Blue Eyes" des Who est leur plus gros tube, c'est vrai....
Si l'on ne retrouve jamais l'audace de leurs classiques comme My Way ou Rollin, la faute à 300000 groupes qui ont épuisé le genre au début des années 2000, Still Sucks aura au moins le mérite de nous rappeler l'époque des baggies, avant YouTube ! Bon évidemment ça ne fonctionnera que si vous êtes de cette génération, sinon, ça ne vous parlera sans doute pas. L'album enchaîne les influences diverses, allant de Nirvana sur "Barnacle" à Nine Inch Nails sur "Pill Popper". Et l'inévitable reprise, cette fois d'INXS, "Don't Change". Le disque se termine sur une balade agréable, mais pas mémorable. Les paroles néanmoins bien plus intéressantes qu'à l'accoutumée laissent une note douce amère à cette fin.
Il n'y a pas grand chose de dire de ce nouveau Limp Bizkit. Selon ce que vous pensez de leurs premiers albums, vous aurez déjà un pré-avis relativement fiable sur ce nouveau disque. La bande à Fred Durst reste un groupe pas toujours très doué, parfois même franchement foireux, mais conscient de ce qu'ils sont, qui en joue et surtout sincère dans sa démarche ! En effet, ce n'est pas et ne sera jamais le meilleur groupe de rap metal, RATM renie d'ailleurs leur héritage... Et pourtant c'est fun, récréatif, entraînant... Et ça fait du bien ! C'est un peu le groupe qu'on a parfois honte d'aimer, d'où le qualificatif de plaisir coupable, mais l'auto-dérision fait passer le tout. Par contre Fred, s'il te plait, reste dans Limp Bizkit, et ne touche plus jamais à une caméra ! Ceux qui ont vu son incroyable navet "The Fanatic" comprendront !
Quatre ans après Cryptoriana, la combo Britannique de black sympho est enfin de retour. Longtemps repoussé pour cause de pandémie, ce nouvel opus a pris en compte la situation mondiale et l'a intégré dans son concept. Ainsi ce retard, comparé à leurs délais habituels entre 2 albums fait de ce 13ème disque un chapitre à part de la carrière de Cradle of Filth.
Fort d'un line up soudé, le groupe nous propose un univers à la fois sombre et grandiloquant, qui sans trancher radicalement avec ce qu'il a pu nous proposer auparavant, particulièrement ses albums pré-Midian, sonne résolument moderne et brut à la fois. Le son proche d'un rendu scénique, nous renvoie de manière plus immersive au cœur du chaos décrit tout au long des pistes.
Le superbe artwork de la pochette, encore une fois signé Arthur Berzinsh symbolise parfaitement le confinement, l'individu replié chez lui, à l'abris du monde qui implose. Le tout bien évidemment à la sauce Cradle, représenté donc par ce démon qui dévore les humains sur son trône. Une imagerie rappelant grandement Clive Barker, auteur d'Hellraiser, dont l'interprète principal de la saga éponyme Doug Bradley prête sa voix pour 2 titres : "Suffer Our Dominion" et "Sisters of the Mist".
L'amateur de titres rapides trouvera son malheur avec des pistes comme "Crawling King Chaos" ou "The Dying Of The Embers", tandis que les auditeurs plus friands de plages mélodiques préféreront le single "Necromantic Fantasies" relativement facile d'accès pour séduire de nouveaux fans.
Les 56 minutes que dure Existence is Futile passent comme une lettre à la poste, ce 13ème album de Cradle of Filth se situe aisément dans la moyenne haute des sorties du groupe. Ce nouveau disque sans révolutionner quoi que ce soit, prouve néanmoins que les Anglais savent rester eux mêmes tout en s'adaptant à l'ère du temps. Un des grands albums de cette fin d'année !
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce seizième album des Allemands s'est fait attendre ! Six ans en effet séparent cet éponyme de leur précédent opus, My God-Given Right. Et visiblement, l'attente fut payante, ils ont le premier numéro 1 de leur carrière ! Mais ce n'est pas pour autant que ce ne fut pas très long. Helloween étant un de mes groupes de Heavy Germanique préférés, je peux vous dire que je comptais les jours !
En 2016, le groupe annonçait donc le retour de leurs anciens vocalistes Michael Kiske et Kai Hansen (également à la guitare), non pas en tant que remplacement d'Andi Derris, leur chanteur actuel depuis un quart de siècle, mais en complément ! Ainsi, l'accumulation des 3 voix ne sonnerait pas comme un retour aux sources, mais comme une acceptation de l'entièreté de l'Histoire du groupe, une célébration de tout ce qu'a été Helloween en plus de 30 ans. S'en suivi donc une tournée triomphale. Mais séduire les foules sur une scène avec un line up en or et des tubes à foison est une chose. Composer un album cohérent avec tous ces membres en est une autre !
Le coup de l'album éponyme, mis à part quand il s'agit du tout premier d'un groupe, est toujours assez présomptueux. On le fait en général quand on pense qu'il s'agit de l'opus le plus représentatif de sa musique. Et lorsqu'on parle d'une entité qui a autant évolué, ça semble difficile à synthétiser ! Bon après ça pourrait être plus casse-gueule, vous imaginez un album synthétisant toute la carrière de Therion, ainsi que la taille du line up ?? Mais force est de constater qu'ici, il était logique de nommer l'album ainsi. Helloween l'album est une parfaite représentation de ce qu'a pu produire le groupe. Et l'attente plus longue que d'habitude est on ne peut plus logique vu le nombre de têtes pensantes !
Suite à toutes ces dates, ce line up, qu'on pouvait croire temporaire, réussi l'exploit de créer une osmose quasi parfaite et de composer un album inspiré, remontant le niveau des 2 derniers disques, sympas mais routiniers. De ce grand album plutôt homogène ressortent néanmoins 2 morceaux. Tout d'abord, je citerais le brillant "Out For The Glory" alliant parfaitement les différentes voix à une successions de riffs catchy et de soli puissants. Le refrain tubesque achève d'en faire un nouveau classique du groupe. "Skyfall", qui n'a aucun rapport avec James Bond ou Adele est l'autre moment fort de l'album, une chevauchée épique rappelant Keepers of the Seven Keys. "Angels" plus mélancolique évoquera d'avantage des classiques comme "If I Could Fly". Et il serait criminel de ne pas mentionner les 2 duos Kiske/Deris : "Indestructible" et "Robot King". Ils représentent le pourquoi de ce nouveau line up.
Un nouveau Helloween, qui loin d'être un simple album de plus a mué en une nouvelle entité, qui elle même n'est pas une énième mutation, mais une synthèse de l'entièreté de sa carrière. Ce qui aurait pu au départ n'être qu'une simple tournée de célébration se trouve donner naissance à un de leurs meilleurs albums, véritable renaissance et, aussi dingue que ça puisse semble, un énorme tournant dans leur carrière. En effet, comment cela va t'il évoluer ? S'ils continuent sur cette lancée, alors cet album sera clairement le Brave New World d'Helloween. Mais s'ils reviennent à des albums plus classiques et que celui ci reste un one shot, les suivants auront un goût de fade. Au point de se demander s'il ne serait pas sage pour eux de tirer leur révérence après cet opus... Le fait est qu'Helloween est un des meilleurs albums du groupe et peut être ma claque Heavy de 2021 ! Et que partir sur un tel triomphe, célébré par le grand public qui plus est, ça peut être franchement pas mal. Affaire à suivre donc.
Plus d'un an après la sortie de leur Human II Nature que j'avais chroniqué assez moyennement, Nightwish nous présente enfin un concert issu de l'album. Un concert pas comme les autres puisque, Covid oblige, et à l'instar d'une très grande quantité d'artistes, les Finlandais réalisent ce concert sans public. Leurs concurrents directs de Within Temptation et Epica vont également sortir le leur d'ici peu, ce qui sera intéressant pour comparer les choix qui ont été faits.
D'abord popularisés par des artistes pop (on pense à l'incroyable concert "virtuel" donné par Blackpink il y a quelques mois), ces événements "Covid Free" permettant de faire patienter les fans en attendant la reprise des concerts réels sont un exercice de style particulièrement intéressants. Ce qu'on perd en authenticité et en chaleur humaine, on le gagne en effets de mise en scènes. Bien que, paraît il, diffusé en direct, le concert a très bien pu bénéficier de retouches, tant au niveau vocal que musical. Le but n'est donc pas ici d'offrir du live, mais un spectacle musical quasi-cinématographique.
Loin des effets pyrotechniques habituels hérités de Rammstein, Nightwish a ici décidé de jouer dans un décors ressemblant à une vieille église abandonnée, dans laquelle la nature aurait repris ses droits, de part la présence d'arbres à l'intérieur du bâtiment. Ce lieu est "agrandi" dans son espace visuel par la présence de fonds verts au niveau des fenêtres, parmi lesquelles on peut apercevoir des décors en CGI, évoluant au fur et à mesure des chansons. Les inévitables passages sur les spectateurs étant absents sont ici remplacés par des plans numériques de l'extérieur du décors, celui ci évolue également, nous donnant l'impression de voir passer des saisons différentes.
Au delà de tous ces artifices, la grande interrogation restait surtout l'absence de Marco. Bien que n'étant pas un membre fondateur du groupe (il ne reste plus que Tuomas et Emppu), il y était depuis 20 ans et avait très fortement contribué au changement de style que le groupe opéra après Wishmaster. Son départ fut donc tout aussi important que ne le fut celui de Tarja à l'époque. Pour les parties de basses, il est donc remplacé par leur compatriote Jukka Koskinen, un vétéran de la basse ayant déjà officié dans de très nombreux groupes comme Wintersun, Norther, Dark Sarah ou Amberian Dawn. Ainsi, bien que plutôt spécialisé dans le death mélodique, il n'est pas étranger au sympho. Musicalement rien à redire, le mix est tellement parfait (d'où mon soupçon de parties au moins partiellement pré-enregistrées) qu'on ne le remarque pas plus que ça. Niveau jeu de scène, c'est autre chose, clairement on voit qu'il n'est pas à l'aise plus que ça, mais il serait cruel de lui en tenir rigueur vu les attentes ! Niveau chant, il ne pratique pas. Floor et Troy se répartissent donc les parties vocales de Marco. Et c'est là que le bas blesse.
Troy n'est clairement pas un grand chanteur. Sa voix est correcte pour les chansons folk, ou pour des chœurs avec Floor en lead. Mais dès qu'une chanson nécessite plus de hargne dans la voix, c'est faiblard. Marco était un grand vocaliste, ce n'est pas son cas. En revanche, lorsque Floor reprend ses parties, sa palette vocale est si large que ça fonctionne bien mieux. Y compris lors de Planet Hell où elle reprend aussi les parties de Tarja et module donc sa voix pour alterner 2 types de chant, de manière à retranscrire cet effet duo, tout en chantant en solo. A l'avenir, il faudra penser éventuellement à retravailler la répartition des lignes de chant de Marco. Après, ne soyons pas non plus médisants, Troy chante toujours mieux que Tuomas. Mais vu le budget de Nightwish, ils devraient peut être tout simplement engager aussi un nouveau chanteur, ils peuvent se le permettre ! Mais son chant n'étant pas présent sur tous les morceaux, peut être ont ils eu peur d'engager un type qui serait absent de la scène les 2/3 des morceaux ? Jukka n'est pour l'instant qu'un bassiste de session, il est alors tout à fait possible que plus tard ils engagent un nouveau vocaliste ? S'ils restent dans cette configuration en revanche, avec juste un bassiste non chanteur, Jukka ou autre, il va falloir perfectionner le truc.
En dehors de ces quelques défauts, le show fait le taff. Certains n'apprécieront pas le manque d'authenticité, d'autres apprécieront le spectacle pour ce qu'il est, un palliatif, en attendant de véritables shows. Comme on dit, "c'est mieux que rien !". Cela permet en plus à Nightwish d'expérimenter divers effets visuels qu'ils pourront peut être réutiliser sur leurs dates régulières. Les musiciens semblent heureux (surtout Emppu qui sourie tout le temps) de rejouer ensemble, malgré l'absence remarquée de Marco. Les morceaux sont pour beaucoup légèrement réorchestrés par rapport aux versions albums, notamment How's The Heart jouée en version acoustique. Les chansons de la période Anette sont clairement transcendées par Floor. Elle est clairement l'atout majeure de ce concert ! Charismatique, tantôt badass, tantôt sensible, elle se lâche vocalement infiniment plus que sur ses 2 albums avec le groupe. Là où je suis déçu de son manque d'exploitation sur CD, c'est bel et bien sur scène qu'elle s'épanoui. Son décolleté gourmand rend encore plus difficile le fait de la lâcher des yeux, comme si elle n'était pas assez magnétique de base !
An Evening With Nightwish In A Virtual World est un concert très sympathique, mais plus cinématographique qu'authentique. On doute régulièrement de l'authenticité des prises de sons (ils sont où les pains ??), mais la beauté de l'ensemble fait grandement illusion, pour peu qu'on accepte le parti-pris. A voir si par la suite ce genre de "faux" concerts se généralisera ou si cela ne restera qu'une relique de l'ère Covid dont on se rappellera avec nostalgie quand cette saleté sera enfin derrière nous. Seul l'avenir nous le dira. Des 2 dates je n'ai pu voir que la première. La setlist est légèrement différente sur la seconde, à ce qu'il parait, celle que j'ai vu est la plus heavy. Ne laissant effectivement que peu de place aux passages calmes. N'ayant pas revu le groupe sur scène depuis le Hellfest, juste après Iron Maiden, ce show fut pour moi en tout cas un excellent palliatif à l'absence de concerts réels dont seule l'absence de Marco vient (légèrement) entacher le résultat global. Mec, t'aurais pas pu quitter le groupe APRES le concert plutôt que juste avant ?
4/5
Setlist :
01. Music (Intro uniquement)
02. Noise
03. Planet Hell
04. Tribal
05. Élan
06. Storytime
07. She Is My Sin
08. Harvest
09. 7 Days To The Wolves
10. I Want My Tears Back
11. Bless The Child
12. Nemo
13. How's The Heart? (Acoustic version)
14. Shoemaker
15. Last Ride Of The Day
16. Ghost Love Score
17. The Greatest Show On Earth (Chapters I, II & III)