Onze ans après Sitra Ahra, le projet de Christofer Johnsson revient enfin à un album "normal". En effet, on a eu droit après cet opus à un album tout à fait à part dans leur discographie, Les Fleurs du Mal, qui en dépit de son nom n'avait rien à voir avec Baudelaire, mais était juste une référence à la langue Française, puisqu'il s'agissait de reprises de classiques de notre bonne vieille variété nationale.
Puis Beloved Antichrist, triple album ultra ambitieux, mais très très difficile d'accès, puisque s'agissant d'un opéra, censé être vu sur scène, avec la mise en scène et le contexte de l'histoire. Sur album, ce dernier est donc vraiment très long et n'a pas convaincu grand monde, à voir sur scène, ou au moins en vidéo pour comprendre le délire.
On a également eu droit à Luciferian Light Orchestra, projet hors Therion de Christofer, petite parenthèse dans sa carrière, avec un autre line up, mais qui musicalement aurait pu sortir sous le nom Therion.
Ca fait donc plus d'une décennie d'expérimentations diverses, sans album conventionnel de la part du Suédois, tout du moins sous le nom Therion. Et ça fait du bien !! Sitra Ahra, qui se voulait la suite tardive du diptyque parfait Sirius B/Lemuria, n'était pas à la hauteur de son ambition, sonnant trop comme une compilation de chutes. Leviathan est donc enfin leur grand retour. Meilleur album depuis Gothic Kabbalah, il renoue avec le style Opera Metal abordé dès Theli et livre enfin un album inspiré, sans essayer de trop en faire.
Sur cet album, Christofer est accompagné du même line up qui l'accompagne depuis Sitra Ahra, Nalle Pahlson (basse), Thomas Vikström (chant tenor), Christian Vidal (lead guitar) et Lori Lewis au chant soprano. A ceux ci s'ajoutent des guests prestigieux comme Marko Hietala (Nightwish, Tarot, Delain), Taida Nazraic (The Loudest Silence), Chiara Malvestiti (Crysalys) le vétéran Mats Leven (Krux), déjà apparu chez Therion, notamment sur leur tube "Son of the Staves of Times".
Musicalement, c'est sans doute leur album le plus varié depuis Gothic Kabbalah. Certains morceaux marient les voix féminines et masculines avec délice, "Tuonela" ou "Psalm of Retribution", certains privilégient d'avantage les orchestrations épiques comme "Nocturnal Light" et d'autres en revanche préfèrent mettre l'emphase sur des riffs qui tuent comme "Eye of Algol" ou "Marquis of Hell".
Après plus de 30 ans de carrière, Christofer Johnsson prouve que Therion peut toujours nous proposer un album simple, sans chercher l'originalité à tout prix ou une trop grande complexité, quelque chose qui peut plaire au plus grand nombre de fans, sans sombrer dans la redite. Le line up actuel, d'une stabilité à toute épreuve comparé à l'histoire du groupe, entouré de nombreux guests nous offre un CD efficace, épique, ambitieux et pas trop long, qu'on pourra facilement réécouter de multiples fois. J'avais clairement lâché Therion depuis 10 ans, ils ont ressuscité à mes yeux ! Dans mon top 5 des Suédois !
4,5/5
mardi 2 février 2021
THERION - LEVIATHAN
mardi 22 décembre 2020
ENSIFERUM - THALASSIC
Etonnamment, alors que cet album est dispo depuis plusieurs mois et que je suis ce groupe depuis longtemps, je ne livre cette review que maintenant. Non par flemme, mais pire encore, par lassitude. J'ai tellement eu l'impression d'avoir déjà chroniqué cet album que j'ai oublié de le faire ! En réalité j'ai confondu avec leur opus précédent "Two Path", pourtant sorti il y a 3 ans. Cette méprise s'explique en grande partie par la sensation de déjà entendu que me laisse cet album.
"Two Paths" avait fortement divisé la fanbase. S'éloignant en parti de leurs influences black pagan pour lorgner d'avantage vers un power metal épique. Mais en réalité, c'est probablement depuis "Unsung Heroes" que la qualité des albums a tendance à chuter. A l'instar d'un Korpiklaani, Ensiferum, à trop enchaîner les albums similaires a nécessairement perdu en inspiration, se contentant de ressembler de plus en plus à une parodie d'eux mêmes. Devenant l'archétype du groupe dont on se contrefiche des nouveaux albums, prétextes à repartir en tournée, pour écouter les premiers tubes ! Ce système obligeant les artistes à continuer à sortir de nouveaux morceaux alors qu'ils n'ont à l'évidence plus rien à dire est parfois pénible. D'où leur volonté de changer un peu leur son, avec le risque de se perdre.
Un changement de style (même s'il n'est pas ultra radical non plus, on n'est pas chez Therion) peut s'opérer de plusieurs façons, soit par expérimentation, soit par une volonté explicite de se renouveler ou encore de par l'influence de nouveaux membres, qui changent forcément la manière de composer pré-existante. L'arrivée de Pekka Montin (Amoth, Judas Avenger) au clavier et au chant clair a clairement poussé le groupe à continuer d'expérimenter dans le style power metal de "Two Paths". Possiblement qu'il a été volontairement recruté pour ça d'ailleurs. Mais du coup, c'est le chant de Petri Lindroos qui se retrouve en décalage. En effet, son chant typé extrême se retrouve souvent trop brutal par rapport aux compos, plus mélodiques qu'avant. La répartition des vocalistes devraient peut-être être réévalué, en considération du nouveau style du groupe.
Néanmoins, à ces déceptions relatives s'ajoutent de belles choses. Le retour à la production de Janne Joutsenniemi, à qui l'on doit le son de leurs classiques "Victory Songs" et "From Afar" est bénéfique à "Thalassic". En effet, Anssi Kippo, responsable sonore des deux précédents opus était coupable également en grande parti de leur avoir donné un son trop plastique, trop lisse et artificiel. Déjà que le groupe joue au synthé et non avec de vrais instruments tradis, c'était vraiment les faire sonner electro et non roots que de les surproduire comme ça. Ici, la production est plus authentique et rien que pour ça, cet album n'est pas entièrement raté.
L'album enchaîne les tubes comme "Rum, Women, Victory", efficace mais totalement déjà entendu. On dirait la petite sœur de "Blood is the Price of Glory" présente sur "Victory Song". Et c'est un peu comme ça tout le long. L'album ressemble à un best of des albums d'antan, mais en plus accessible grâce à son glissement power metal. Cette volonté de caresser le fan dans le sens du poil se retrouve même dans le choix de faire un "Väinamöinen part III", tel Metallica et ses suites d'"Unforgiven". On retrouve également de jolies ballades comme "One With The Sea" et un morceau WTF comme d'hab, ici "Midsummer Magic". Ce morceau semblant totalement à part, rappelle que le groupe quand il veut est toujours capable d'une vraie touche d'epicness et de magie. Il peut ne pas se répéter à l'infini et prendre des risques. Dommage qu'ils n'osent pas faire un album entièrement comme ça. "For Sirens" rappelle également l'ancien Ensiferum, quand ils ne se prenaient pas au sérieux et s'amusaient, plutôt que d'appliquer une formule.
"Thalassic", huitième album d'Ensiferum est un album un peu hybride. Après avoir tenté de se "mainstreamiser" en lissant sa production et effectuant un glissement vers le power metal et délaissant le black, choisi de faire un compromis entre ces deux entités en retournant à la production d'antan, mais conservant leur style actuel. Ponctuant cette nouvelle identité de rappelle de leurs anciens albums, les morceaux sonnent parfois en décalage total entre le chant et la musique et donnent l'impression d'un groupe hommage, cherchant à créer un son "à la Ensiferum" en appliquant un cahier des charges trop strict. "Thalassic" réussit le paradoxe de réaliser à la fois trop de fan service et de trop s'éloigner de ses racines, selon les morceaux, comme si le groupe cherchait à plaire à la fois à ses producteurs, désireux de toucher une plus large audience, et aux fans des débuts. Mais les gars, Ensiferum c'est pas Maître Gims, vous ne toucherez JAMAIS tout le monde. Jouez ce que vous aimez, à l'instinct et sans calcul commercial derrière, ce sera nettement plus honnête. Dommage car lorsque le groupe joue vraiment ce qu'il aime sans chercher à plaire, c'est là qu'il réalise ses meilleurs morceaux. Un album efficace, mais vain.
3/5
vendredi 4 décembre 2020
FREAKY
Il y a 3 ans, sortait sur les écrans le délirant Happy Death Day, slasher comico-fantastique, version (légèrement) horrifique du classique avec Bill Murray Un Jour Sans Fin. Son réalisateur et scénariste Christopher Landon accédait enfin au succès après 2 décennies dans l'ombre. En tant que scénariste, on lui devait Another Day In Paradise de Larry Clark, Paranoiak avec Shia LaBeouf, la plupart des suites de Paranormal Activity ou encore Viral. En tant que réalisateur, il avait oeuvré sur Burning Palms, Paranormal Activity 5 et Manuel de Survie à l'Apocalypse Zombie. Le succès de Happy Death Day entraîna donc une inévitable suite (un troisième opus est toujours dans les cartons) et une variante, à savoir le Freaky en question.
Bien qu'il ne s'agisse pas purement d'un spin off du précédent slasher de Landon, Freaky en contient en revanche tous les ingrédients. Il s'agit encore du détournement horrifique d'un classique de la comédie fantastique, à savoir ici Freaky Friday. On peut également penser au nanar Une Fille Qui A Du Chien, mais le titre fait clairement référence au Disney avec Jamie Lee Curtis (LA Reine du Slasher, tout est lié) et Lindsey Lohan. Le tueur lui fait référence à Jason Voohrees et d'ailleurs, le film se passe un Vendredi 13, pourquoi le film ne s'appelle t'il donc pas Freaky Friday The 13th ? Mystère... A l'instar de son précédent film, Landon a encore casté une très jolie blonde dans le rôle principal. Il s'agit ici de Kathryn Newton, qu'il a connu dans Paranormal Activity 4 où elle avait le rôle principal également, et que l'on a pu revoir depuis dans Supernatural (un pilote non retenu de spin off centré sur elle fut tourné), Big Little Lies et The Society.
Cette fois ci, et contrairement à Happy Death Day, pas de "whodunit", on connait le tueur dès le début, c'est Vince Vaughn, un habitué du genre puisqu'il avait déjà interprété Norman Bates dans le remake de Psychose. Le reste du casting est assez anecdotique, les personnages autres que le duo blonde/tueur qui échangent de corps étant relativement peu développés. Le personnage du meilleur ami gay sortant du lot, évitant les clichés habituels sur ce genre de personnage. La meilleure amie black évite elle aussi la caricature, mais ne se démarque pas énormément de la masse, la faute à une écriture peu profonde. Le crush de l'héroïne s'en sort relativement bien de par ses réactions très étonnantes. Mais le véritable intérêt du film, ce sont bel et bien les meurtres. Allant nettement plus loin dans le gore que le trop sage Happy Death Day, Freaky n'hésite pas à y aller franco sur le ketchup, et cela dès son introduction. Le film accentue volontairement le côté hommage appuyé pour renforcer son côté comique. On a également du comique de situation lorsque les 2 protagonistes échangent leurs corps grâce à une dague Aztèque avec beaucoup de scènes attendues lorsqu'une jeune ado timide se retrouve dans le corps d'un mec barraque de 50 ans et vice versa.
L'humour fonctionne très bien, rendant inévitablement le film pas du tout effrayant (à moins d'être un sacré froussard, du genre à flipper devant Buffy). Le film est rythmé et pas trop long, donc pas le temps de s'ennuyer ou de le trouver redondant, c'est efficace ! Les multiples clin d'oeil cinéphiliques, allant d'obscurs slashers 80's au film japonais Your Name ne manqueront pas de ravir les geeks. Mais le film ne perd jamais de vue le spectateur néophyte qui n'aurait jamais vu Freaky Friday, ni Vendredi 13, il se regarde parfaitement de manière linéaire également. La bande son dans l'air du temps ne m'a pas marqué plus que ça, sûrement passé l'âge pour ça, mais n'est pas dérangeante, ça reste des chansons pop très audibles. Et Vince Vaughn en adolescente timide est juste génial !
Comédie slasher dans la droite lignée de Happy Death Day, Freaky est un divertissement rythmé, peu original mais efficace, qui néglige quelque peu ses personnages secondaires au profit des protagonistes pour ne pas ralentir l'intrigue. Néanmoins, il ravira les afficionados du genre, avec son duo d'acteurs percutant !
4/5
lundi 16 novembre 2020
SNOW WHITE BLOOD - HOPE SPRING ETERNAL
Il y a des fois où c'est avec le temps, au fur et à mesure des réécoutes qu'on apprend à aimer une chanson, une voix... Et puis il y a ce qu'on appelle, des coups de foudre artistiques. Il ne m'a pas fallu plus de 30 secondes pour tomber amoureux de la voix d'Ulli Perhonen, c'était l'année dernière, dans la chanson Snow White & Rose Red du groupe Black Briar, dans laquelle la jolie blonde chantait en duo avec Zora la rousse. Mais bien qu'elle ne fut que guest, pour moi, elle lui volait la vedette ! Et c'est donc immédiatement après cette écoute (ou plutôt les 10 écoutes d'affilée) que je suis allé écouter sa discographie.
Ulli est donc la chanteuse du groupe de metal symphonique Allemand Snow White Blood, qui a sorti un premier EP en 2016 : Once Upon A Fearytale. Après divers singles et collaborations avec d'autres groupes, son projet principal sort donc enfin son premier full lengh Hope Spring Eternal en cette misérable année 2020 et résonne comme le rayon de soleil qui manque désespérément à cette sinistre période. Confirmant tout le bien que je pensais de leur E.P., le groupe a pris le temps en 4 ans de mûrir ses compos, de digérer ses influences et surtout d'avoir une prod qui les fait sonner comme un groupe pro et non comme un sympathique projet underground.
Le groupe se compose de Christian Weber à la guitare, Thomas Schmitt à la basse et Max Rudolph à la batterie, également présent dans le groupe Toja. Ce dernier semble être le plus expérimenté du groupe, il a déjà été batteur dans divers groupes inconnus au bataillon, dont je n'ai pu écouter les morceaux. Il remplace un certain "Heinz" qui officiait à ce post sur l'E.P. de 2016.
Les 4 membres jouent donc un power metal symphonico-lyrique dans le style de Nightwish, période Once/Dark Passion Play. Ils alternent les ambiances entre titres légèrement sombres aux riffs écrasants et titres speed plus épiques. La voix phénoménale d'Ulli, passe avec une rare aisance du lyrique, au chant plus pop. Sa voix est parfaitement mise en valeur et peut s'exprimer sur une large palette émotionnelle. Pour un premier album, c'est d'autant plus impressionnant. Tout juste regrettera t'on qu'il n'y ait que 8 titres, mais ceux ci font au minimum 5 minutes, donc l'album n'est pas court non plus.
On commence donc par un morceau efficace, assez simple dans sa structure, du gros riff et des orchestrations grandioses, pour bien démarrer l'album avec "Shared Hearts". Il s'agit également du premier single, en duo avec Lilly Seth d'Aeranea.
Le second morceau, Longing For The Sea rappelle "Last of The Wild" de Nightwish avec ses ambiances celtiques.
"Drop A Stitch" se veut lui un chouïa plus sombre.
"Never-Ending Waltz", a priori sans lien avec l'acteur d'Inglourious Basterds ralenti le tempo après 3 titres speed, plus aérien, avec de la harpe et un riff plus écrasant.
On attaque déjà la seconde moitié de l'album avec "You Belong To Me", à nouveau un titre dark, évoquant lui les duos entre Tarja et Marco. Duo avec Danny Meyer d'Oversense et second extrait de l'album.
On continue avec "The Court Jester", aux couplets typés power metal et au refrain plus posé. Ce morceau me rappelle le Delain période "April Rain", en version lyrique.
"Rising of the Sun" est chanté plus pop dans les couplets et le refrain joue sur l'abondance épique, façon Hans Zimmer. Le morceau a un bridge très calme au piano, avec un chant à la Enya, avant qu'elle ne revienne, plus rock qu'à son habitude pour un finish du plus bel effet.
Le dernier morceau "Falling Stars", me rappelle des morceaux mélancoliques, comme "Meadows of Heaven" du groupe Finlandais sus nommé.
A l'heure où Nightwish est devenu relativement inintéressant dans ses nouvelles compos et se repose sur ses lauriers, il est salvateur que de petits groupes sous influences fassent revivre la gloire du metal sympho du début des années 2000. Snow White Blood sort l'album que j'aurais aimé que Nightwish sorte avec Floor. Un petit bijou et tout simplement ce que j'ai préféré en sympho depuis des années ! Pour la suite, on espère pourquoi pas un album un peu plus long et qui s'émancipe de ses influences pour trouver les siennes !
4,5/5
jeudi 12 novembre 2020
AC/DC - POWER UP
Mais ce constat n'est pas un défaut en soit, on a tous compris depuis longtemps que le groupe aimait profondément sa musique et ne se lassait pas de nous en offrir toujours plus. Si on veut écouter autre chose, et bien il y a des milliers d'autres groupes de hard rock ! Quand on écoute du AC/DC, on veut écouter du AC/DC ! On ne veut pas les voir évoluer glam, ni rajouter des parties orchestrales avec de la narration. Non on veut entendre la voix de Brian Johnson (qui n'a presque pas changé en 40 ans, un vrai miracle) et des riffs qui tabassent avec une touche bluesy. Et c'est ce qu'on a, encore une fois.
4,5/5









