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mardi 28 février 2023

 DELAIN - DARK WATERS


Déjà 17 ans que j'ai découvert Delain. Pffiou, que le temps passe vite. J'avais écouté ça à l'origine comme un simple side project de Martijn Westerholt, ancien claviériste de Within Temptation, sans réaliser à quel point ce premier album "Lucidity" allait me marquer. A l'époque en pleine découverte du genre "sympho metal", il ne s'agissait que d'un disque de plus parmi plein d'autres que j'ai oublié (qui se souvient de groupes comme Elexorien ?) ou encore d'un projet one shot, comme Luca Turilli's Dreamquest. Quelle erreur !


Originellement prévu comme non pas un groupe, mais un concept album à guests façon Ayreon, le premier album de Delain était un hybride contenant une moitié de chansons avec des musiciens de sessions et des guests, et une autre moitié avec un line up stable et surtout la craquante Charlotte Wessels au chant. Le style très dark fantasy de cet opus m'avait énormément plu et se prolongea encore sur le volet suivant "April Rain", quoi que la voie très pop de Charlotte inspira fortement l'orientation de plus en plus mainstream du groupe, un peu à la manière de Nightwish période Anette Olzon. Le 2ème album restait encore à mon goût, avec certains morceaux cultes, mais au fur et à mesure des opus, je ne retrouvais plus ce qui faisait la raison pour laquelle j'avais craqué pour Delain à la base.


Et il y a 2 ans, contre toute attente, Martijn annonçait le split du groupe, pour revenir au projet initial, c'est à dire non plus un line up cohérent, mais le projet d'un seul homme avec plein de musiciens guests. Ce projet m'avait au premier abord un peu énervé, avant de relativiser. Après tout, puisque j'avais délaissé le groupe, qu'est ce que ça pouvait bien me faire ? Quelle ne fut pas ma surprise, en découvrant avec ce nouvel opus "Dark Waters" (une référence à Hideo Nakata ??) qu'il avait finalement changé d'avis, pour reformer un nouveau groupe. Encore plus surpris de découvrir à l'écoute du premier single, qu'il avait en quelque sorte fait, comme ils disent dans Scream 5, un requel ! En quelque sorte une suite musicale directe de Lucidity, qui zappe l'orientation prise par les albums suivants. Encore plus fou, malgré le changement de vocaliste, je m'y retrouve totalement. Sans être identique, la voix de Diana Leah est assez similaire à celle de Charlotte à ses débuts. Loin des envolées lyriques de Tarja, elle rappelle plus la douceur des meilleurs groupes pop rock.


"The Quest & The Curse" et "Beneath", les 2 premiers singles issus de ce nouveau classique de Delain m'ont rassuré comme rarement. Après les déceptions que constituent à mes oreilles les derniers opus de Nightwish et Within Temptation, les cadors du genre, ils sonnent comme un nouvel espoir. Une renaissance est possible. On y retrouve l'ambiance façon l'Histoire Sans Fin avec ses nappes de synthé. La touche pop joyeuse, les riffs accrocheurs... Et même un guest de Marco Hietala, un habitué des collaborations avec Delain. Bref, le seul reproche que je pourrais faire à "Dark Waters" serait d'être trop prévisible. Mais étant donné le changement radical de line up, je ne lui jette pas la pierre, un retour aux sources semblait la meilleure option, quitte à nous faire un Star Wars 7.


Un 7ème album de Delain qui sonne comme un Delain 2.0, la version alternative de ce que le groupe aurait pu sortir s'il n'avait pas choisi d'axer d'avantage sa musique sur le côté pop, leur donnant un air de Beyond The Black. Un retour aux sources aussi stupéfiant qu'inattendu, qui malgré un côté déjà entendu saura ravir ceux qui préféraient le style des premiers albums. Les autres en revanche, il existe un tas d'autres groupes qui vous satisferont d'avantage.


4,5/5




vendredi 26 août 2022

AMON AMARTH - THE GREAT HEATHEN ARMY


Aaaah Amon Amarth ! Depuis près de 30 ans, le combo Suédois nous fait vibrer aux sons d'hymnes vikings qui donnent envie d'aller brûler ses voisins pour la gloire d'Odin. 3 décennies de headbanging qui semblent hélas les avoir bien fatigué. Jusqu'à Twilight of The Thunder God, il n'y avait aucun soucis. Leur formule à base de paroles guerrières, mélangeant (vaguement) l'Histoire et la mythologie, parfois de manière métaphorique, pour parler en réalité du présent était ultra rodée. Et puis vint la mode des Vikings. Et là, c'est le drame.


Comme sûr de son succès éternel au vu du regain d'intérêt pour les grands blonds nordiques avec la série HBO, ou encore le Thor de Marvel, Amon Amarth s'est progressivement embourgeoisé. Tel Riddick une fois devenu le chef des Necromongers, le combo mené par Johan Hegg, qui d'ailleurs a réellement joué dans un film de vikings, s'est ramolli. Les compos sont de moins en moins inspirées, ça ressemble de plus en plus à une parodie de ce qu'ils étaient. Mais pouvait-il en être autrement ? Au bout d'une dizaine d'albums, tout a déjà été dit, tous les noms clichés susceptibles de faire bander les Jean-Michel Ragnar ont été utilisé dans des chansons. Admettons le, Amon Amarth n'a plus rien à dire, pourquoi encore sortir des albums ?


Car et c'est bien là la tristitude du groupe, s'ils réussissaient encore à être cools avec des opus comme Surtur Rising ou Deceiver of the Gods, le fait est qu'au bout d'un moment, c'est juste saoulant. Le groupe est devenu comme Korpiklaani, on sait déjà tout de l'album avant de l'avoir écouté. Mais en plus en version fatiguée. Les riffs paresseux sonnant désormais plus comme du heavy que comme du death, du coup le chant de Johan paraît presque hors sujet. Et il n'a pas non plus la tessiture d'Eric Adams pour nous faire du heavy viking à la Manowar. Mais bon, ne soyons pas médisant, le groupe n'est pas encore tombé aussi bas que Manowar, loin de là. Les gars ont toujours l'air sympa, on est toujours ravis de les voir sur scène, même si la fougue d'autrefois n'y est plus. Non, c'est juste qu'on s'en fout de cet album. Arrêtez, et contentez-vous de jouer vos nombreux classiques, personne ne vous en voudra.


Faire un track by track n'aurait guère de sens, en plus d'être laborieux, les titres sont globalement interchangeables. Du heavy death sympatoche au mieux, dont on retiendra heureusement quelques bons moments : Saxons & Vikings avec en featuring Biff Byford, justement de Saxon. Heidrun, ballade sympatoche rappelant Ensiferum (enfin en moins bien chanté)... Et pas mal de titres similaires, à commencer par les singles.


Dire que cet album est médiocre serait réducteur. Si son niveau est à mes oreilles en deçà des précédents, c'est d'une part à cause d'une lassitude de ma part (c'est bon les gars, on a compris, vous kiffez les vikings. Sinon vous n'avez pas d'autres passions dans la vie ??), mais également car le groupe souffre de son image qui n'a plus rien d'originale. Le sujet a été tellement surexploité qu'ils ne trouvent plus rien à offrir pour se démarquer. Ajoutons à ça des riffs de plus en plus bateau (ou drakkar ?) et on comprendra que leur gloire est derrière eux. Néanmoins, Amon Amarth garde son capital sympathie intact. Espérons juste qu'ils ne continuent pas trop longtemps, qu'on évite de les voir sur scène en 2040 complètement rabougris nous parler de conquête vikings. Ils ne sont déjà plus très crédibles actuellement !



2/5

vendredi 22 avril 2022

GHOST - IMPERA


Aaaah Ghost !! Le groupe actuel le plus polarisant de la scène metal. L'évocation de son nom suffit à lancer des débats interminables plus houleux que "Pain au chocolat vs Chocolatine". "Gna gna gna Ghost c'est pas du metal d'abord". Alors je vais être clair, oui en effet, c'est pas du metal. C'est du rock. Et alors ? Leurs thèmes, leur imagerie, leur noirceur (enfin sur certains titres), le lore qu'ils ont créé, tout ça est hyper metal. Alors qu'importe si la musique est plus rock, voire pop selon les morceaux ? 


Ceux qui n'ont pas adhéré à leurs précédentes offrandes, vous ne changerez pas d'avis ici. Tout le côté grandiloquent déjà présents sur les 4 précédents opus est ici décuplé. L'histoire autour du personnage du pape maléfique créé par Tobias Forge, qui change d'incarnation à chaque album est toujours là elle aussi. Le chant n'a pas changé et la musique n'est pas soudainement devenu black metal. Ghost est un mix entre Abba et Black Sabbath. Black sABBAth ?


Des riffs aériens évoquant la brit pop, des choeurs poppisants, des passages plus heavy rappelant effectivement le heavy metal (l'influence de King Diamond n'est jamais loin)... On peut aussi considérer que Ghost est la version mainstream de Cradle of Filth, pour son côté théâtral. Impera enchaîne donc les sonorités occultes, mélangées à des mélodies joyeuses. Ceux qui considèrent ça comme de la musique commerciale, rendez-vous bien compte que c'est 100 fois plus subversif de diffuser des paroles sataniques sur une musique joyeuse et accessible, que de brailler un truc incompréhensible en Norvégien sur une rythmique sale qui fera fuir 99% des auditeurs et ne ralliera que les déjà convertis. 


L'album offre donc son lot de tubes comme "Kaisorion", le très typé 80's "Spillways", ou encore la chanson d'Halloween Kills "Hunter's Moon". Le moment le plus émotionnel d'Impera reste probablement "Twenties" avec ses orchestrations grandiloquentes et ses chœurs d'enfants super creepy.


Tout juste critiquerais-je la fin de l'album, trop de ballades d'affilée qui atténuent l'impact de l'album, peut être fallait il mieux les répartir ? A ce soucis près, Impera est dans la droite lignée de Meliora et Préquelle. Un superbe album de pop rock maléfique aux influences metal 80's. Un groupe qui, plus encore que sur album, prend tout son sens sur scène. Hâte donc de les re revoir à Clisson !

4,5/5

SCORPIONS - ROCK BELIEVER


Alors que passé une certaine longévité, la plupart des groupes encore actifs sombrent dans la médiocrité ou au moins une certaine ringardisation, Scorpions, envers et contre tous continue encore à nous rassasier de tubes hard mélodiques à l'ancienne, avec (quasiment) la même vivacité. 50 ans après leur premier opus "Lonesome Crow", les Teutons sont donc toujours là. Et aussi aberrant que ça puisse sembler, Klaus chante toujours super bien. Le mec a 74 ans et en sonne 30 de moins sans problème. Un jour, quelqu'un finira par nous révéler par quels rituels horribles un tel miracle est possible.


Ce 19ème opus sort pas moins de 7 ans après le précédent "Return To Forever", un délai particulièrement long, leur record d'ailleurs, mais qui s'explique en grande partie par le Covid. Ca, plus les tournées à rallonge et les best of d'entre deux. Après 2 décennies à explorer divers styles musicaux (heavy metal sur "Crazy World", "Face The Heat" et "Unbreakable", pop rock sur "Pure Instinct" et "Eye II Eye", neo metal sur "Humanity Hour 1", symphonique sur "Moment of Glory", acoustique sur "Acoustica"), depuis 2011 et leur excellent "Sting in the Tail", Scorpions a décidé de nous refaire leur style classique, c'est à dire celui entre "Lovedrive" et "Savage Amusement". 


Donc vous l'aurez compris, "Rock Believer"  sonne très années 80. Et la voix de Klaus est presque la même. Tout juste s'il monte un peu moins dans les aigus. Les tubes hard mélodiques s'enchaînent donc, avec Peacemaker et son excellent clip inspiré de Blade Runner (d'ailleurs James Gunn, comment as tu pu passer à côté de cette chanson pour la B.O. de la série Peacemaker ?? Faut la mettre dans la saison 2 là, l'occasion est trop parfaite), Seventh Sun qui rappelle l'ère "Animal Magnetism", Gas In The Tanks le titre d'ouverture décoiffant... Et bien sûr, l'inévitable ballade pour conclure When You Know (Where You Come From). 


Et surtout, ne vous faites pas avoir, l'album est sorti dans une édition collector avec 4 titres supplémentaires, plus une version acoustique de la ballade. Et la version Japonaise de ce collector contient encore un titre en plus. Il serait triste de passer à côté de ces chansons juste pour quelques euros.


Notons également la présence de Mikkey Dee (ex - Motörhead) à la batterie, en remplacement de James Kottak, qui donne un petit côté survitaminé, compensant la (légère) baisse de rythme due à l'âge des membres. Après ça reste du Scorpions, ne vous attendez pas à ce que ça speede comme dans le groupe de Lemmy ! On remarquera également le titre atypique "Shining of your soul" et son passage reggae, très psychédélique, rappelant la première période du groupe, avant leur virage hard rock. Une petite bizarrerie qui fini de donner à l'album sa couleur particulière.


Là où les vieux groupes finissent par se perdre, Scorpions est toujours là, prêt à en découdre. Les renouvellements de line ups permettent aux compositions de ne pas s'affaiblir. Les membres n'hésitant pas d'ailleurs à avoir recours à des collaborateurs extérieurs. Mais toujours dans l'optique de sonner Scorpions. On a donc un album aux sonorités 80's, avec une prod moderne et des références aux 70's. Les soli et riffs assurent toujours, la batterie est boostée et le chant de Klaus malgré son grand âge est toujours supérieur à 80% des vocalistes du genre. Rock Believer que l'on attendait plus vraiment, sans être l'album de l'année reste un petit miracle ! A écouter.


4,5/5

lundi 31 janvier 2022

Battle Beast – Circus of Doom

Trois ans après l'excellent "No More Hollywood Endings", les Finlandais de Battle Beast sont de retour avec un nouveau brûlot de power metal épique et symphonique, toujours enjolivée de mélodies 80's à la fois kitsch et émouvantes. A l'époque l'album était en concurrence directe avec l'album du moment de Beast in Black, groupe fondé par un de leurs anciens membres, et c'est encore une fois le cas ici, puisque j'ai chroniqué il y a peu le brillant "Dark Connections" du dit combo.

Il y a 3 ans donc, je trouvais que Beast In Black se cherchait encore un peu et souffrait de quelques maladresses et offrait donc la victoire à Battle Beast. Cette année, la tendance s'est pour moi inversée. Non pas que ce "Circus of Doom" soit mauvais, loin de là. Mais le groupe stagne quelque peu. Ils ont trouvé leur formule et s'y tiennent. On y retrouve ainsi tout ce qu'on avait aimé avant. Tant mieux certes, mais on n'y est guère surpris.

A peine sorti, l'album a déjà 3 singles à son actifs. Fort de cette promo puissante, il devrait probablement cartonner. Et ce serait mérité. On va headbanguer sur "Wings of Light" et son refrain entêtant. L'amateur de chansons plus tubesques trouvera son compte avec le single "Master of illusion" ultra efficace. Ceux qui préfèrent les chansons positives vectrices d'espoir auront "Where Angels Fear To Fly" pour se réconforter. On retrouvera également des sonorités à la Rocky 4 avec "The Road of Avalon" ou des chansons plus classiques et calibrées comme "Eye of the storm" qui aurait pu figurer sur leurs anciens albums sans problèmes.

"Circus of Doom" est un album hyper bien produit, varié, calibré pour plaire aussi bien aux anciens fans qu'aux néophytes, qui possède tous les ingrédients habituels, suffisamment remaniés pour ne pas trop lasser. Ca n'a pas grand chose d'original et fonctionne comme un énième Marvel qu'on va voir en toute connaissance de cause. Un album blockbuster très efficace mais sans prise de risques.

4/5

mercredi 26 janvier 2022

INFECTED RAIN - ECDYSIS


Après avoir partagé tous les clips déjà sortis pour promouvoir cet album, il était temps que je poste quand même une chronique de ce dit opus. On allait finir par croire que je ne m'intéressais qu'à la superbe Lena Scissorhands. Mais non, elle n'est pas QUE modèle. Mais bien chanteuse !! Et donc pour bien démarrer l'année 2022 que l'on espère moins navrante que les 2 précédentes, la bombe atomique sort un cinquième opus d'Infected Rain chez Napalm Records, un album au titre dont je dois sans arrêt vérifier l'orthographe : "ECDYSIS" ! Voulaient-ils faire concurrence à Eths dans la catégorie des titres incompréhensibles ? Mystère...

Toujours est il qu'Ecdysis, teasé pendant de longs mois est enfin là et... Dieu que ça fait du bien ! Soyons clairs, le metalcore n'est pas mon style de prédilection, étant généralement agacé par le chant clair typé emo de bien des combos. Mais ce mix de brutalité et de douceur m'a toujours bien moins dérangé dans les groupes menés par une femme. En effet, à mes oreilles ce type de chant est à son apogée lorsque réalisée par une damoiselle. C'est pour cela que j'adhère bien plus à des groupes comme The Agonist ou In This Moment qu'à des Bring Me The Horizon ou Betraying The Martyr.

Ecdysis comprend donc 12 pistes, débute et se termine par un morceau en 2 parties Postmortem, qui synthétise habilement la musicalité de ce nouvel album. Intro inquiétante, couplets ravageurs, refrains aériens et paroles introspectives et pleines de doutes. Le questionnement des lyrics sur le bien et le mal se ressentent jusque dans la composition schizophrénique du morceau.

Le reste de l'album alterne donc les morceaux de pur metalcore, sombres et entraînants, n'hésitant pas à bifurquer sur du mathcore ou de l'electro comme sur le très mélodique "These Walls". On a également le sympathique duo avec Heidi Sheperd des Butcher Babies, "The Realm of Chaos" qui met en avant la différence entre un metal moderne avec la voix de la divine Lena et hard rock plus traditionnel avec son acolyte. Ou encore le très énergique "Everlasting Lethargy". Se démarque également l'étonnant "Nine, Ten" sorte de berceuse assez intrigante mais que je n'écouterais pas en boucle. 


Une fois encore Infected Rain nous livre un album parfaitement calibré, dans la droite lignée de ce qu'on attend d'eux. Les instrus sont parfaitement carrées, le mix est top, les morceaux suffisamment variées... Mais en même temps il y a quelques originalités qui permettent de ne pas lasser. Ecdysis n'est pas fondamentalement différent des précédents opus du groupe, mais possède suffisamment de personnalité pour s'en distinguer et servir de belle porte d'entrée aux nouveaux fans. A écouter !

4/5

jeudi 30 décembre 2021

AD INFINITUM - CHAPTER II - LEGACY

L'an dernier, alors qu'on subissait de plein fouet la pandémie, sans savoir qu'elle serait toujours d'actualité si longtemps après, Ad Infinitum sortait son premier album, qui sonnait comme un doux réconfort, un rappel que la vie continue et que de belles choses peuvent émerger du chaos. Aujourd'hui, le combo est déjà de retour avec un second album dans la droite lignée du premier.

Mené par la très jolie Melissa Bonny (ex Rage of Light), le combo Suisse mélange habilement metal symphonique dans la lignée de Nightwish et power metal moderne aux influences pop, façon Amaranthe. Vocalement, la divine cantatrice est un peu une super héroïne. Sorte de fusion d'Elize Ryd et Alissa White-Gluz. Capable de poser une voix d'une douceur incandescente évoquant les grands noms de la pop (la damoiselle s'est fait connaître par pas mal de reprises, notamment de Lady Gaga et Aqua avec son ancien groupe) comme de hurler des growls dévastateurs à faire fuir une division panzer. On l'a aussi connu avec une reprise démente d'Amon Amarth ! Pire, elle a parfois même l'outrecuidance de taper aussi dans le lyrique... Et avec justesse ! Certains groupes ont besoin de 3 vocalistes pour ça.


Enregistré par les manettes d'Elias Holmlid et Jacob Hansen (Epica, Amaranthe), Legacy sera consacré à notre empaleur de turcs préférés : Vlad Tepes (Dracula, pour les misérables qui n'ont même pas vu un film sur lui). Le mixage met particulièrement en avant l'aspect atmosphérique du groupe, pour mieux faire ressortir les riffs dévastateurs, selon les morceaux. Si certains sont plus grand public, comme Unstoppable, d'autres sont franchement bourrins et ne dénoteraient pas chez Jinjer ou The Agonist. Des morceaux comme Your Enemy et Into The Night démontrent toute la palette d'émotions dont le groupe est capable et sont de véritables bombes, d'ores et déjà des classiques du sympho. Epica qui tourne sérieusement en rond depuis 2 albums a du soucis à se faire ! N'oublions pas non plus ce superbe duo avec Nils Molin d'Amaranthe. 


Mais cette chronique ne serait pas objective si je ne parlais pas des autres membres du groupe. La batterie bien carrée permet de lier les multiples éléments musicaux et reste entêtantes. Le guitariste Adrian Thessenvitz nous livre de super solo heavy sur des titres comme Inferno et Son of Wallachia, et les rythmiques sont toujours hyper efficaces. Le tout habilement mixé aux influences issues de la musique classique et des OST de films. Oserais-je dire que c'est le plus beau disque sur le Comte Dracula depuis la B.O. du film de Coppola ? Franchement oui ! Cet album est tout simplement un bijoux !

Après un premier album déjà exceptionnel, Ad Infinitum confirme tout le bien que je pensais d'eux avec un nouvel opus plus personnel, riche d'influences mieux digérées pour un disque très varié et jamais ennuyeux. Mais véritablement Melissa Bonny est une révélation qui va devenir sous peu une icone du metal. Déjà on la voit en guest partout !

5/5

vendredi 17 décembre 2021

RHAPSODY OF FIRE - GLORY FOR SALVATION


Deux ans après "The Eight Mountain", les combo rital revient déjà avec un nouvel opus, second chapitre du nouveau cycle des Nephilims, abordés sur le disque précédent. On passera sur le très anecdotique E.P. "I'll Be Your Hero" sorti en juin dernier. Je ne reviendrai pas sur les différents line ups parallèles qui existent, si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à lire ma chronique du dernier opus, néanmoins il est bon de préciser que contrairement à la mouture orchestrée par Luca Turilli, ce Rhapsody version Alex Strapoli ne cherche pas l'originalité. 

Power symphonique ultra pompeux, frôlant régulièrement avec le kitsch, ambiance fantastique, mélodies épiques... Bref, l'auditeur n'est pas trop dépaysé. On notera néanmoins une atmosphère plus grave qu'à l'accoutumée dans les morceaux "Son of Vengeance" ou "Abyss of Pain II", comme pour coller à la thématique plus sombre du cycle. Giacomo n'hésitant pas d'ailleurs à chanter de manière plus rugueuse, plus virile que Fabio.

Les compos alternent entre morceaux de Rhapsody classiques comme "Glory for Salvation" ou "The Kingdom of Ice", qui n'auraient pas dépareillés lors de l'ancienne période du groupe; morceaux plus alambiqués, particulièrement la pièce maîtresse déjà sus mentionnée "Abyss of Pain II" et quelques morceaux plus calmes. La ballade sirupeuse "Magic Signs", le sympathique mid-tempo "Chains of Destiny" et l'hymne folk "Terial The Hawk". 

Globalement, l'album est donc très correct, par moment même excellent... Mais c'est toujours la même chose. Changer le thème lyrical et noircir légèrement l'ensemble ne suffit plus au bout d'une dizaine d'albums. Les morceaux ressemblent presque tous à d'anciens morceaux, et ce malgré le gros changement de line up. Certains adhèreront, d'autres vont finir par se lasser et aller écouter d'autres groupes. 

3/5

mardi 30 novembre 2021

WITHIN TEMPTATION - THE AFTERMATH


Alors que le concert, initialement diffusé en Juillet dernier ressort pour le Black Friday, il me semblait pertinent de revenir dessus. Parmi les nombreux concerts Covid Friendly diffusés en streaming en 2021, celui de Within Temptation sortait du lot. Ses 2 compères de Nightwish et Epica ayant également sorti le leur, la comparaison est donc inévitable.


La tournée de l'album Resist, dernier en date, ne cessant d'être repoussé depuis bientôt 2 ans, ce petit amuse gueule bien trop court fait du bien aux fans. La setlist ignore à mon grand désarroi les 2 premiers albums, mais il fallait faire des choix. Sans doute par contrainte budgétaire, on n'a droit qu'à 1 heure de show. En général, les leurs durent le double. L'accent est donc mis essentiellement sur le dernier album et les singles bonus qui ont suivi.


L'accent est donc particulièrement mis sur les effets spéciaux. Il ne s'agit pas ici d'un simple arrière plan en CGI, mais d'un véritable décor en 3D, les musiciens semblent faire parti d'un ensemble. Cet environnement virtuel correspond à l'imagerie véhiculée par Resist, le show sera donc cohérent de ce point de vue là. On aura également droit à plusieurs guests comme Tarja pour le mythique duo Paradise, ou encore le groupe Annisokay. D'autres duos doivent hélas se contenter d'apparitions sur écran, comme Xzibit ou Anders Friden d'In Flames. 

Mine de rien, et si le show m'avait déçu par sa brièveté, en seulement 1h, ils casent quand même pas mal de chansons. L'absence de public est largement compensé par l'aspect cinématographique et les mouvements de caméras improbables combinant prises de vues réelles et CGI. On a d'avantage l'impression d'assister à un film musical qu'à un concert. Cet état ne fait ne plaira certes pas à tout le monde, mais fonctionne parfaitement pour peu qu'on l'accepte. La voix de Sharon est particulièrement juste et ne semble jamais fatiguée comme lors de certaines dates, et si l'on peut même douter de l'authenticité des prises de son (rien de plus facile que de faire un playback sur un show à distance, comment même savoir si c'était réellement en direct ?), le résultat est là ! Quand on écoute un CD, le son peut être autant retouché que nécessaire avec autant de prises qu'on veut. A partir du moment où l'on accepte qu'il ne s'agit pas d'un réel concert, mais bien d'un spectacle musical quasi cinématographique, les artifices ne sont guères gênants. Le mixage semble vraiment trop propre pour être naturel. Même sur les blu ray live où le son est retravaillé en post prod, on n'a pas une telle qualité sonore.


De tous les concerts virtuels diffusés cette année, The Aftermath est parmi ceux que j'ai vu, celui qui exploite le mieux les capacités offertes par le concept. Le concert est beau, la musique est parfaite. Jamais on n'aurait un tel rendu sur une vraie scène ! Mais ce n'est pas mieux pour autant, il n'y a pas l'ambiance magique, qui même lors d'une captation vidéo nous fait frissonner. Le son trop parfait peut parfois casser la notion même de concert, pour plutôt nous emmener dans les contrées du show musical. Libre à chacun d'adhérer ou non selon son ressenti, personnellement j'adhère, mais considère ça comme une expérience différente d'un concert. Tout comme un CD studio est différent d'un CD live, j'appellerais donc cela un concert studio ! J'aurais également préféré plus d'anciens titres, mais il faut bien vendre Resist, et surtout, j'aurais voulu un concert 2 fois plus long... A moins qu'ils nous fassent un The Aftermath part 2, je reste sur ma faim, comme si on me coupait en plein élan. C'est magnifique, mais trop court.

Setlist : 

1 - Forsaken 

2 - Our Solemn Hour

3 - Paradise (What About Us?)

4 - The Purge

5 - Entertain You

6 - Raise Your Banners

7 - And We Run

8 - Shed My Skin

9 - Firelight

10 - The Reckoning

11 - Supernova

12 - Stairway To The Skies


4/5


vendredi 26 novembre 2021

SEPULTURA - SEPULQUARTA


En Février 2020, Sepultura sortait son dernier album "Quadra". Sauf que, pas de bol, le Covid est passé par là. Donc pas de concert pour promouvoir leur dernier opus. Mais comme plein de groupes, ils ont trouvé de quoi s'occuper durant la pandémie. On peut même dire qu'ils ont été mis en télétravail !


Durant plusieurs mois, ils ont ainsi revisités 28 titres de leur discographie, jouant chacun de leur instrument chez eux, et ont invité à les rejoindre pas moins de 57 musiciens issus d'autres groupes. Ni véritablement un best of, ni tout à fait un album de remix, pas exactement un live non plus, Sepulquarta est un peu tout cela à la fois, rejoignant également la mouvance actuelle de ces petits artistes émergeants qui se créent des chaînes de covers metal. 


Seuls 15 titres sur les 28 ont été édités sur ce CD, on peut donc espérer un Sepulquarta 2, si ce n'est le cas, les morceaux restent de toute façon visibles sur YouTube. Le fait d'avoir enregistré chacun de son côté donne donc nécessairement un côté un peu fouillis à l'ensemble. Le mixage est loin d'être parfait, d'où le rendu un peu live. La voix de Derrick (non pas l'Inspecteur) est souvent un peu trop en retrait. Mais on n'attend évidemment pas la même qualité de rendu d'un tel projet que d'un véritable album enregistré en studio.


La sélection de 15 titres est assez équilibrée entre les 2 périodes majeures de Sepultura, avec 7 reprises de l'époque Cavalera et 8 de celle de Green. On notera quelques prises de risques bienvenues, avec l'exclusion des sur-entendus "Roots Bloody Roots" et "Refuse/Resist", mais la présence de titres plus rares comme "Hatred Aside", avec 2 vocalistes féminines. "Sepulnation" avec Danko Jones fonctionne aussi plutôt bien et se place comme un des meilleurs titres de l'album, tout comme "Mask" avec Devin Townsend.


Au delà de son aspect anecdotique, Sepulquarta est une alternative sympathique aux tributes albums habituels, une petite récréation entre zikos au chomage technique et restera comme une de ces curiosités de l'ère Covid. A réserver d'avantage aux fans du groupe qu'à un novice pour découvrir le combo Brésilien, il ne marquera clairement pas l'histoire mais reste fun et tout à fait honorable. Oui, ce petit délire YouTube méritait de sortir sur CD !


3,5/5

lundi 22 novembre 2021

S.O.S. FANTÔMES - L'HERITAGE (GHOSTBUSTERS - AFTERLIFE) - Jason Reitman

TRENTE DEUX ans qu'on l'attend !! Non mais sérieux ?? Y'a pas idée de nous faire attendre autant. Rendez vous compte, quand le 2 est sorti, j'étais en maternelle ! Et là j'approche de la quarantaine. C'est honteux... Merci Bill Murray... Sans cesse annoncé durant les 3 dernières décennies, Ghostbusters 3 est devenu l'arlésienne du cinéma fantastique avec Gremlins 3 et Beetlejuice 2, maintes et maintes fois annulé, puis re-annoncé, au point qu'on n'y croyait plus. Avec le décès d'Harold Ramis, plus tellement d'espoir. Puis quand le reboot féminin est sorti, c'était sûr. La franchise était morte.

Sauf qu'on vit à une époque où les suites très tardives sont monnaie courante. Bon après, soyons clair, bien que ce film, contrairement à l'opus 2016, respecte la continuité des 2 classiques des années 80, il s'agit également d'un reboot. Pas au sens strict donc, c'est bien une suite, mais au sens commercial du terme : nouveau casting, scénario accessible aux nouveaux venus, quasi remake du film original... Clairement, ils nous ont fait un Star Wars 7 !! Un remake déguisé en suite. Après le reboot féminin, voici donc le reboot enfant. 


Donc forcément pour faire un film hommage aux années 80, il faut Finn Wolfhard, l'acteur de Stranger Things qu'on voit partout ("ça" notamment), série dans laquelle il revêtait déjà le costume des Ghostbusters (sérieux pourquoi on a traduit ça en S.O.S. Fantômes ? Alors que la chanson ultra culte de Ray Parker Jr répète "Ghostbusters" 3000 fois ??). McKenna Grace (Annabelle 3, Malignant, Haunting of Hill House) qui joue sa sœur, est parfaitement assortie et ressemblante, on croit à leur parenté. Les gosses jouent relativement bien, mais leur écriture est assez caricaturale, typique d'un film d'aventures pour enfants, avec les enfants plus intelligents que les parents. Cela ne m'aurait pas déplu dans une oeuvre autonome, mais j'ai du mal à considérer ça comme une suite légitime aux 2 classiques de mon enfance.


Le ton du film n'est franchement pas le même. Alors oui, on est en 2021 et plus en 1984. De plus le film se passe à la campagne et c'est centré sur des gosses. Mais quand la promo passe toute l'année à nous affirmer que c'est "la suite qu'on attendait"... Alors je sais pas vous, mais moi la suite que j'attendais c'était avec les Ghostbusters originaux, vieux contre un nouveau méchant. Le film a fait l'inverse de ce que je voulais en gardant une histoire quasi identique au 1, mais en changeant le contexte et les personnages. Le film a pris littéralement zéro prise de risque concernant les fantômes, qui d'ailleurs apparaissent assez peu, et le méchant final. Très décevant de ce point de vue là. Rien que pour ça, ce 3ème opus (je ne compte pas le remake girl power) est le plus faible. Et l'humour non plus n'est clairement pas à la hauteur, même s'il y a quelques vannes bien drôles. Gros oubli également, les montages en chanson. Monumentale erreur ! Pas non plus de scène totalement over the top comme le Bibendum Chamallow du 1, où la statue de la liberté du 2. En revanche, des références au film rival au box office en 84 : Gremlins.


Néanmoins il y a quand même du bon. La réalisation de Jason Reitman, le fils d'Yvan, réalisateur des 2 premiers films est tout à fait correcte. Sans fulgurance, mais ne jurant pas trop avec ces prédécesseurs.  Le film a la bonne idée de reprendre les musiques du 1, par moment ça fonctionne très bien. A d'autres moments elles sont placées là juste pour le fan service. Ensuite, le casting des adultes, Paul Rudd notamment, est plutôt sympa, la maman, qui a un rôle semblable à Sigourney Weaver est attachante. Mais c'est à peu près tout, les autres font de la figuration. Les 2 autres gosses sont sympas aussi, la petite bande rappelle des classiques du genre Stand By Me, ou justement Ca. Ca semble un peu hors sujet dans un Ghostbusters, mais la fin rattrape le tout. A elle seule, la fin vaut le visionnage et fera verser une larmes aux nostalgiques. 

Si ce Ghostbusters 2021 n'est pas réellement la suite attendu depuis 32 ans qu'on nous a vendu, il rempli correctement son rôle de relancer la saga sur de nouvelles bases. L'hommage respectueux à ses aînés est bien trop prononcé, mais malgré tout touchant. Un manque d'humour à l'ancienne, pas mal de longueurs et surtout l'absence totale d'originalité laissent un goût un demi-teinte, mais la beauté de la scène finale le rend in fine indispensable. En espérant juste que pour le prochain film ils fassent l'effort de créer un nouveau bad guy, et ne nous ressuscitent pas Vigo des Carpathes ! Ah oui, et y'a 2 scènes post génériques ;)

3/5

OLYMPUS - GODS


A l'écoute de cet album, j'avoue ne m'attendre à rien de spécial. Pensez-donc, des Nantais qui causent mythologie grecque ? Et pourquoi pas des Brésiliens chantant le folklore Irlandais ? (Ah on me fait signe qu'en fait ça existe déjà...) Et pourtant, dès les premières secondes, le fait est là. Ca m'a mis une claque !


Loin d'être un simple ersatz d'Amon Amarth qui se serait contenté de changer de panthéon, Olympus, d'avantage proche d'un Septic Flesh un peu moins sympho possède sa propre identité. Si l'on a déjà entendu nombre de groupes parler d'Histoire Antique ou de mythologie, ça reste souvent un simple gimmick, pour qu'on se rappelle d'eux. Ils ne sont en réalité pas si nombreux les groupes à aborder ces sujets avec une réelle maîtrise. Bien plus sérieux qu'un Warkings (plus brutal aussi), le groupe Français impose une qualité de texte qui ne saura que ravir l'auditeur déjà conquis par la musique.


Ce premier album offre donc un metal extrême, quelque part entre le black et le death, avec des passages aériens, d'autres plus heavy, relativement bourrin par moment, symbolisant parfaitement le spectre des émotions qu'on attend d'un récit narrant les exploits de Zeus et ses potes. Et le tout sans jamais sonner prétentieux. Le simple auditeur qui veut headbanguer sur du gros son qui tâche y trouvera également son compte. Et c'est peut être également une des forces de "Gods". L'album peut s'apprécier à différents niveaux. Et le concept est particulièrement explicite, chaque titre ayant pour nom un des 12 Dieux principaux. 


Si vous avez aimé Saint Seiya dans votre enfance, que vous avez toujours rêvé de traverser le Styx, de vaincre le Minotaure et de vous taper Megara : Foncez ! Si vous vous foutez de tout ça, mais que vous aimez le metal extrême qui tabasse, mais avec finesse, foncez également. Olympus nous livre un premier opus de grande qualité qui peut parfaitement s'apprécier, indépendamment de son concept. LA découverte Française de 2021 !


4,5/5



mardi 16 novembre 2021

BEAST IN BLACK - DARK CONNECTION


Avec ce 3ème album, Beast In Black poursuit dans la droite lignée des 2 premiers opus, mais en ayant non seulement corrigé le tir sur ce qui n'allait pas, mais amélioré ce qui fonctionnait, pour offrir une pure tuerie ! On dit souvent que le 3ème album est celui de la maturité... Si la formule est trop souvent un simple slogan, ici ça se confirme. Encore que le mot "maturité" ne convienne pas réellement vu le style, Dark Connection sonnant au contraire comme une ode au fun et à l'univers geek !


Dès son premier titre introductif, intitulé "Blade Runner", comme le classique de Ridley Scott, on est dans le bain. Ce nouvel opus alterne entre titres hard rock classiques ("Highway to... Mars", on appréciera la référence à AC/DC) et power metal moderne ("Hardcore"), parfois même au sein du même titre ("Bella Donna"), mais saupoudré d'une très grosse touche d'electro, allant parfois même jusqu'à prendre le dessus sur le morceau, comme sur le génial "One Night in Tokyo". Au passage, sur ce dernier titre, Beast In Black réussit parfaitement à célébrer le Japon tout en utilisant une musique occidentale, sans user de tout le lexique otaku et d'instrus traditionnels, a contrario d'un Rise of The Northstar, qui ne sonne en rien Nippon.


L'album est donc un habile mix de sonorités retro synthwave 80's, de références à la Science Fiction, au cyberpunk, à la Japanimation et au Jeux Vidéo. Pour autant, il ne sonne pas vieillot et jouit d'une production moderne parfaite qui rend hommage à chaque piste sonore. Le chant éraillé a bien progressé depuis leurs débuts, on a moins ce chant de castra vraiment too much qui laissait croire à la présence d'une damoiselle au micro, les riffs sont super stylés et entêtants, les soli classes, mais sans jamais devenir chiants ou interminables à la Dragonforce, tout est calibré au millimètre ! 


Et pour conclure l'album, on a même le droit à une reprise du classique "They Don't Care About Us" de Michael Jackson. Et pour une fois, la reprise est franchement réussie, ce qui n'est pas chose aisée, d'autant qu'ils n'ont pas choisi le morceau le plus simple ! Si Yannis ne chante évidemment pas aussi parfaitement qu'MJ (en même temps, peu peuvent s'en targuer), il a su s'approprier le morceau à merveille et son chant colle parfaitement ! Le petit bonus inattendu qui fait plaisir pour la fin.


Après 2 opus forts sympathiques, mais cherchant encore trop son identité post séparation d'avec Battle Beast, ce troisième chapitre de la discographie de Beast In Black est l'album de la révélation, celui avec lequel il devient enfin un groupe avec lequel il faut compter. Je vais même blasphémer et avouer le préférer au Senjutsu d'Iron Maiden, qui lui aussi était un concept album influencé par le Japon, mais qui en dehors de sa pochette n'avait manifestement pas digéré toutes ses influences. Ah oui et gros big up au graphiste qui a fait la superbe pochette de Dark Connection avec sa superbe rousse cyberpunk !

4,5/5

vendredi 12 novembre 2021

LIMP BIZKIT - STILL SUCKS

Dix ans après Gold Cobra, le groupe "plaisir coupable" Limp Bizkit revient enfin avec un nouvel opus. Toujours aussi adepte de l'auto-dérision (peut être par conscience de leur propre talent limité), les gars optent pour un nouveau look très... Spécial ! Particulièrement Fred Durst, qu'il m'a fallu du temps pour reconnaître (voire la photo). Bref, l'album s'intitule Still Sucks (qu'on peut grosso mode traduire par "c'est toujours pourri") et c'est pas forcément complètement faux !


Gold Cobra, trop sérieux par rapport au niveau du groupe était assez décevant. Ce nouvel opus plus old school revient au style rap metal des débuts. Et tant mieux !! Les paroles d'une rare bêtise amuseront l'auditeur qui ne prend pas ça au sérieux, autant qu'elles consterneront les détracteurs. Les riffs efficaces de Wes Borland couplés au scratch de DJ Lethal et au rap de Fredo marchent toujours aussi bien, au point qu'on se demande pourquoi ils s'entêtent à vouloir tester autre chose... Ah oui, parce que leur reprise de "Behind Blue Eyes" des Who est leur plus gros tube, c'est vrai....

Si l'on ne retrouve jamais l'audace de leurs classiques comme My Way ou Rollin, la faute à 300000 groupes qui ont épuisé le genre au début des années 2000, Still Sucks aura au moins le mérite de nous rappeler l'époque des baggies, avant YouTube ! Bon évidemment ça ne fonctionnera que si vous êtes de cette génération, sinon, ça ne vous parlera sans doute pas. L'album enchaîne les influences diverses, allant de Nirvana sur "Barnacle" à Nine Inch Nails sur "Pill Popper". Et l'inévitable reprise, cette fois d'INXS, "Don't Change". Le disque se termine sur une balade agréable, mais pas mémorable. Les paroles néanmoins bien plus intéressantes qu'à l'accoutumée laissent une note douce amère à cette fin.


Il n'y a pas grand chose de dire de ce nouveau Limp Bizkit. Selon ce que vous pensez de leurs premiers albums, vous aurez déjà un pré-avis relativement fiable sur ce nouveau disque. La bande à Fred Durst reste un groupe pas toujours très doué, parfois même franchement foireux, mais conscient de ce qu'ils sont, qui en joue et surtout sincère dans sa démarche ! En effet, ce n'est pas et ne sera jamais le meilleur groupe de rap metal, RATM renie d'ailleurs leur héritage... Et pourtant c'est fun, récréatif, entraînant... Et ça fait du bien ! C'est un peu le groupe qu'on a parfois honte d'aimer, d'où le qualificatif de plaisir coupable, mais l'auto-dérision fait passer le tout. Par contre Fred, s'il te plait, reste dans Limp Bizkit, et ne touche plus jamais à une caméra ! Ceux qui ont vu son incroyable navet "The Fanatic" comprendront !

2,5/5

mercredi 10 novembre 2021

CRADLE OF FILTH - EXISTENCE IS FUTILE


Quatre ans après Cryptoriana, la combo Britannique de black sympho est enfin de retour. Longtemps repoussé pour cause de pandémie, ce nouvel opus a pris en compte la situation mondiale et l'a intégré dans son concept. Ainsi ce retard, comparé à leurs délais habituels entre 2 albums fait de ce 13ème disque un chapitre à part de la carrière de Cradle of Filth. 

Fort d'un line up soudé, le groupe nous propose un univers à la fois sombre et grandiloquant, qui sans trancher radicalement avec ce qu'il a pu nous proposer auparavant, particulièrement ses albums pré-Midian, sonne résolument moderne et brut à la fois. Le son proche d'un rendu scénique, nous renvoie de manière plus immersive au cœur du chaos décrit tout au long des pistes. 


Le superbe artwork de la pochette, encore une fois signé Arthur Berzinsh symbolise parfaitement le confinement, l'individu replié chez lui, à l'abris du monde qui implose. Le tout bien évidemment à la sauce Cradle, représenté donc par ce démon qui dévore les humains sur son trône. Une imagerie rappelant grandement Clive Barker, auteur d'Hellraiser, dont l'interprète principal de la saga éponyme Doug Bradley prête sa voix pour 2 titres : "Suffer Our Dominion" et "Sisters of the Mist". 

L'amateur de titres rapides trouvera son malheur avec des pistes comme "Crawling King Chaos" ou "The Dying Of The Embers", tandis que les auditeurs plus friands de plages mélodiques préféreront le single "Necromantic Fantasies" relativement facile d'accès pour séduire de nouveaux fans. 

Les 56 minutes que dure Existence is Futile passent comme une lettre à la poste, ce 13ème album de Cradle of Filth se situe aisément dans la moyenne haute des sorties du groupe. Ce nouveau disque sans révolutionner quoi que ce soit, prouve néanmoins que les Anglais savent rester eux mêmes tout en s'adaptant à l'ère du temps. Un des grands albums de cette fin d'année !


4/5

vendredi 2 juillet 2021

Helloween - Helloween


Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce seizième album des Allemands s'est fait attendre ! Six ans en effet séparent cet éponyme de leur précédent opus, My God-Given Right. Et visiblement, l'attente fut payante, ils ont le premier numéro 1 de leur carrière ! Mais ce n'est pas pour autant que ce ne fut pas très long. Helloween étant un de mes groupes de Heavy Germanique préférés, je peux vous dire que je comptais les jours !

En 2016, le groupe annonçait donc le retour de leurs anciens vocalistes Michael Kiske et Kai Hansen (également à la guitare), non pas en tant que remplacement d'Andi Derris, leur chanteur actuel depuis un quart de siècle, mais en complément ! Ainsi, l'accumulation des 3 voix ne sonnerait pas comme un retour aux sources, mais comme une acceptation de l'entièreté de l'Histoire du groupe, une célébration de tout ce qu'a été Helloween en plus de 30 ans. S'en suivi donc une tournée triomphale. Mais séduire les foules sur une scène avec un line up en or et des tubes à foison est une chose. Composer un album cohérent avec tous ces membres en est une autre !

Le coup de l'album éponyme, mis à part quand il s'agit du tout premier d'un groupe, est toujours assez présomptueux. On le fait en général quand on pense qu'il s'agit de l'opus le plus représentatif de sa musique. Et lorsqu'on parle d'une entité qui a autant évolué, ça semble difficile à synthétiser ! Bon après ça pourrait être plus casse-gueule, vous imaginez un album synthétisant toute la carrière de Therion, ainsi que la taille du line up ?? Mais force est de constater qu'ici, il était logique de nommer l'album ainsi. Helloween l'album est une parfaite représentation de ce qu'a pu produire le groupe. Et l'attente plus longue que d'habitude est on ne peut plus logique vu le nombre de têtes pensantes !


Suite à toutes ces dates, ce line up, qu'on pouvait croire temporaire, réussi l'exploit de créer une osmose quasi parfaite et de composer un album inspiré, remontant le niveau des 2 derniers disques, sympas mais routiniers. De ce grand album plutôt homogène ressortent néanmoins 2 morceaux. Tout d'abord, je citerais le brillant "Out For The Glory" alliant parfaitement les différentes voix à une successions de riffs catchy et de soli puissants. Le refrain tubesque achève d'en faire un nouveau classique du groupe. "Skyfall", qui n'a aucun rapport avec James Bond ou Adele est l'autre moment fort de l'album, une chevauchée épique rappelant Keepers of the Seven Keys. "Angels" plus mélancolique évoquera d'avantage des classiques comme "If I Could Fly". Et il serait criminel de ne pas mentionner les 2 duos Kiske/Deris : "Indestructible" et "Robot King". Ils représentent le pourquoi de ce nouveau line up. 

Un nouveau Helloween, qui loin d'être un simple album de plus a mué en une nouvelle entité, qui elle même n'est pas une énième mutation, mais une synthèse de l'entièreté de sa carrière. Ce qui aurait pu au départ n'être qu'une simple tournée de célébration se trouve donner naissance à un de leurs meilleurs albums, véritable renaissance et, aussi dingue que ça puisse semble, un énorme tournant dans leur carrière. En effet, comment cela va t'il évoluer ? S'ils continuent sur cette lancée, alors cet album sera clairement le Brave New World d'Helloween. Mais s'ils reviennent à des albums plus classiques et que celui ci reste un one shot, les suivants auront un goût de fade. Au point de se demander s'il ne serait pas sage pour eux de tirer leur révérence après cet opus... Le fait est qu'Helloween est un des meilleurs albums du groupe et peut être ma claque Heavy de 2021 ! Et que partir sur un tel triomphe, célébré par le grand public qui plus est, ça peut être franchement pas mal. Affaire à suivre donc.



4,5/5

dimanche 6 juin 2021

An Evening With Nightwish In A Virtual World


Plus d'un an après la sortie de leur Human II Nature que j'avais chroniqué assez moyennement, Nightwish nous présente enfin un concert issu de l'album. Un concert pas comme les autres puisque, Covid oblige, et à l'instar d'une très grande quantité d'artistes, les Finlandais réalisent ce concert sans public. Leurs concurrents directs de Within Temptation et Epica vont également sortir le leur d'ici peu, ce qui sera intéressant pour comparer les choix qui ont été faits.

D'abord popularisés par des artistes pop (on pense à l'incroyable concert "virtuel" donné par Blackpink il y a quelques mois), ces événements "Covid Free" permettant de faire patienter les fans en attendant la reprise des concerts réels sont un exercice de style particulièrement intéressants. Ce qu'on perd en authenticité et en chaleur humaine, on le gagne en effets de mise en scènes. Bien que, paraît il, diffusé en direct, le concert a très bien pu bénéficier de retouches, tant au niveau vocal que musical. Le but n'est donc pas ici d'offrir du live, mais un spectacle musical quasi-cinématographique. 

Loin des effets pyrotechniques habituels hérités de Rammstein, Nightwish a ici décidé de jouer dans un décors ressemblant à une vieille église abandonnée, dans laquelle la nature aurait repris ses droits, de part la présence d'arbres à l'intérieur du bâtiment. Ce lieu est "agrandi" dans son espace visuel par la présence de fonds verts au niveau des fenêtres, parmi lesquelles on peut apercevoir des décors en CGI, évoluant au fur et à mesure des chansons. Les inévitables passages sur les spectateurs étant absents sont ici remplacés par des plans numériques de l'extérieur du décors, celui ci évolue également, nous donnant l'impression de voir passer des saisons différentes.

Au delà de tous ces artifices, la grande interrogation restait surtout l'absence de Marco. Bien que n'étant pas un membre fondateur du groupe (il ne reste plus que Tuomas et Emppu), il y était depuis 20 ans et avait très fortement contribué au changement de style que le groupe opéra après Wishmaster. Son départ fut donc tout aussi important que ne le fut celui de Tarja à l'époque. Pour les parties de basses, il est donc remplacé par leur compatriote Jukka Koskinen, un vétéran de la basse ayant déjà officié dans de très nombreux groupes comme Wintersun, Norther, Dark Sarah ou Amberian Dawn. Ainsi, bien que plutôt spécialisé dans le death mélodique, il n'est pas étranger au sympho. Musicalement rien à redire, le mix est tellement parfait (d'où mon soupçon de parties au moins partiellement pré-enregistrées) qu'on ne le remarque pas plus que ça. Niveau jeu de scène, c'est autre chose, clairement on voit qu'il n'est pas à l'aise plus que ça, mais il serait cruel de lui en tenir rigueur vu les attentes ! Niveau chant, il ne pratique pas. Floor et Troy se répartissent donc les parties vocales de Marco. Et c'est là que le bas blesse.

Troy n'est clairement pas un grand chanteur. Sa voix est correcte pour les chansons folk, ou pour des chœurs avec Floor en lead. Mais dès qu'une chanson nécessite plus de hargne dans la voix, c'est faiblard. Marco était un grand vocaliste, ce n'est pas son cas. En revanche, lorsque Floor reprend ses parties, sa palette vocale est si large que ça fonctionne bien mieux. Y compris lors de Planet Hell où elle reprend aussi les parties de Tarja et module donc sa voix pour alterner 2 types de chant, de manière à retranscrire cet effet duo, tout en chantant en solo. A l'avenir, il faudra penser éventuellement à retravailler la répartition des lignes de chant de Marco. Après, ne soyons pas non plus médisants, Troy chante toujours mieux que Tuomas. Mais vu le budget de Nightwish, ils devraient peut être tout simplement engager aussi un nouveau chanteur, ils peuvent se le permettre ! Mais son chant n'étant pas présent sur tous les morceaux, peut être ont ils eu peur d'engager un type qui serait absent de la scène les 2/3 des morceaux ? Jukka n'est pour l'instant qu'un bassiste de session, il est alors tout à fait possible que plus tard ils engagent un nouveau vocaliste ? S'ils restent dans cette configuration en revanche, avec juste un bassiste non chanteur, Jukka ou autre, il va falloir perfectionner le truc.

En dehors de ces quelques défauts, le show fait le taff. Certains n'apprécieront pas le manque d'authenticité, d'autres apprécieront le spectacle pour ce qu'il est, un palliatif, en attendant de véritables shows. Comme on dit, "c'est mieux que rien !". Cela permet en plus à Nightwish d'expérimenter divers effets visuels qu'ils pourront peut être réutiliser sur leurs dates régulières. Les musiciens semblent heureux (surtout Emppu qui sourie tout le temps) de rejouer ensemble, malgré l'absence remarquée de Marco. Les morceaux sont pour beaucoup légèrement réorchestrés par rapport aux versions albums, notamment How's The Heart jouée en version acoustique. Les chansons de la période Anette sont clairement transcendées par Floor. Elle est clairement l'atout majeure de ce concert ! Charismatique, tantôt badass, tantôt sensible, elle se lâche vocalement infiniment plus que sur ses 2 albums avec le groupe. Là où je suis déçu de son manque d'exploitation sur CD, c'est bel et bien sur scène qu'elle s'épanoui. Son décolleté gourmand rend encore plus difficile le fait de la lâcher des yeux, comme si elle n'était pas assez magnétique de base !

An Evening With Nightwish In A Virtual World est un concert très sympathique, mais plus cinématographique qu'authentique. On doute régulièrement de l'authenticité des prises de sons (ils sont où les pains ??), mais la beauté de l'ensemble fait grandement illusion, pour peu qu'on accepte le parti-pris. A voir si par la suite ce genre de "faux" concerts se généralisera ou si cela ne restera qu'une relique de l'ère Covid dont on se rappellera avec nostalgie quand cette saleté sera enfin derrière nous. Seul l'avenir nous le dira. Des 2 dates je n'ai pu voir que la première. La setlist est légèrement différente sur la seconde, à ce qu'il parait, celle que j'ai vu est la plus heavy. Ne laissant effectivement que peu de place aux passages calmes. N'ayant pas revu le groupe sur scène depuis le Hellfest, juste après Iron Maiden, ce show fut pour moi en tout cas un excellent palliatif à l'absence de concerts réels dont seule l'absence de Marco vient (légèrement) entacher le résultat global. Mec, t'aurais pas pu quitter le groupe APRES le concert plutôt que juste avant ?

4/5


Setlist :

01. Music (Intro uniquement)

02. Noise

03. Planet Hell

04. Tribal

05. Élan

06. Storytime

07. She Is My Sin

08. Harvest

09. 7 Days To The Wolves

10. I Want My Tears Back

11. Bless The Child

12. Nemo

13. How's The Heart? (Acoustic version)

14. Shoemaker

15. Last Ride Of The Day

16. Ghost Love Score

17. The Greatest Show On Earth (Chapters I, II & III)

18. Ad Astra



vendredi 21 mai 2021

ARMY OF THE DEAD


Il y a 17 ans, un inconnu venu de la pub relançait la mode du film de zombies (bien aidé il est vrai par la hype de 28 Jours Plus Tard, sorti avant, mais il s'agissait d'infectés et pas de purs zombies) en osant faire un remake du chef d'oeuvre absolu du genre le Zombie de Romero, aka Dawn of the Dead en V.O. Devenu une méga star entre temps avec des films comme 300, Watchmen, Sucker Punch et sa trilogie DC, Zack Snyder revient donc à ses premières amours. Si ce Army of the Dead n'est pas à proprement parler une suite de son Dawn of The Dead (bien que le titre VF de ce dernier, L'Armée des Morts, peut le laisser croire), on y retrouve néanmoins ses thèmes chers et son esthétisme.

En 2 décennies, Snyder a eu le temps de peaufiner son style : colorimétrie sombre, ralentis ultra stylisés et ses thèmes. Notamment le deuil. Un deuil particulièrement personnel l'ayant touché, celui de sa fille, et qui l'avait conduit à quitter la production de Justice League, permettant à Warner de saboter le film avec leur immonde version. Ayant enfin pu rendre justice à son Justice (rigolez s'il vous plait) avec la Snyder Cut, Army est donc une manière pour lui d'exorciser sa tragédie, au travers du personnage de Bautista, sa fille et la mère décédée. Un film nécessaire pour Snyder qui doit aussi subir le deuil du SnyderVerse, tué par Warner. Il n'est donc guère surprenant de le voir s'être tourné vers Netflix, nettement moins casse pieds avec ses réalisateurs... Au risque de voir bien souvent leurs productions partir en roue libre. Mais c'est ça c'est une autre histoire. 

Ce nouvel opus Snyderien est d'ores et déjà annoncé comme le lancement d'une franchise, avec un film préquel, Army of Thieves et une série d'animation, Army of the Dead - Lost Vegas. Il ne s'agit évidemment pas d'un simple film de zombies mais d'une réinvention du genre. Et voilà pourquoi l'introduction du film est claire sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une suite de Dawn of the Dead. Ceux qui avaient déjà râlés que ses zombies pouvaient courir vont clairement péter un câble en voyant ce qu'ils peuvent faire ici ! Le film brise les codes du genre au travers d'un scénario certes loin d'être innovant (l'intro fait penser aussi bien à Zombieland qu'à Love & Monsters), mais fort bien troussé. Les personnages les plus mis en avant sont très bien développés, mention spéciale à Bautista qui devient enfin un véritable acteur avec ce rôle très touchant et à la Frenchy  Nora Arnezeder, déjà vu dans le remake de Maniac. 


La mise en scène est plus sobre qu'à l'habitude, Snyder s'est retenu sur les ralentis, mais offre un scope de bonne qualité (on est rarement rassurés sur les productions Netflix, y compris avec des réals comme Scorsese, ce n'était donc pas forcément une évidence !), une photographie plus clinquante qu'à l'accoutumée mais collant parfaitement à l'univers de Vegas et une B.O. toujours très judicieuse (Elvis, The Cranberries...), pensons notamment à cette séquence où le rythme de la batterie de l'O.S.T. remplace les tirs des mitraillettes. On notera néanmoins une manie assez agaçante de systématiquement flouter les arrières plans. Cette technique est parfois excellente pour masquer la présence d'un zombie, mais est trop utilisée sans raison particulière. C'est l'inconvénient pour Zack d'avoir ici un peu trop les mains libres, sans personne pour parfois lui montrer un truc qui cloche. Les personnages les plus secondaires sont en revanche un peu moins bien esquissés. Ceux qui ne sont que de la chaire à canon, à la limite on s'en fiche, mais certains comme le personnage de Tig Notaro sont de simples caricatures. Néanmoins le côté fun et série B assumée du film font passer la pilule.

La grande réussite du film qui est d'avantage un film d'action de casse, type Fast & Furious 5, avec des éléments gores, qu'un film d'horreur, c'est pourtant bel et bien les zombies ! 2 en particuliers. Les fameux alphas.  A eux seuls, ils donnent au film une mythologie qui le distingue d'un genre particulièrement saturés entre les 3000 films du genre qui sortent chaque année et les multiples spin offs de Walking Dead. Sans doute influencé en parti par les films Coréens comme Dernier Train Pour Busan (dont la suite Peninsula empruntait curieusement une voie très similaire à Army, avec aussi un magot à récupérer dans une zone infectée), Snyder a su insuffler à son métrage la dose d'émotion qui fait qu'on s'inquiète réellement pour les personnages principaux sans pour autant délaisser l'action pure. Ceux qui viennent pour l'horreur en revanche, changez de film ! 

Army of the Dead ne révolutionne pas le genre du film de zombies mais le fait évoluer habilement en détournant savamment les codes qu'il n'hésite pourtant pas à aligner. Une mise en scène soufflant le chaud et le froid mais avec de véritables fulgurances, une musique au top, des personnages pas tous bien esquissés mais qui lorsqu'ils le sont se révèlent excellents.... Un film un poil trop long pour un tel sujet mais qui ne faibli que rarement. Au vu des résultats souvent mitigés des productions Netflix, c'est plutôt une réussite et alors que j'en avais vraiment ras le bol des films de zombies, il a réussi à me hyper pour les prochains films ! Bravo Zack !!

3,5/5